Le Dak Lak est l’une des régions les plus inaccessibles et rurales du Vietnam. Oubliée par le tourisme fleurissant partout ailleurs, elle a longtemps été terre d’accueil pour les nombreuses minorités ethniques ayant fui le Nord du pays après 1954 et la victoire du communisme.
Aujourd’hui encore, les ethnies Edé, M’Nong ou H’mong entre autres cohabitent dans ces hauts plateaux, avec pour chacun une langue propre, des traditions culinaires et vestimentaires, et des caractères bien différents. La grande pauvreté se niche dans de magnifiques décors vallonnés au milieu des plantations de café, de poivre, ou d’hévéas.
Dans cette région, loin de l’effervescence de Saigon, le village tient encore un vrai rôle rassembleur, hiérarchisé, dans l’épanouissement de chacun. On vit au sein d’un village comme dans l’intimité d’une famille, les groupes d’enfants se mélangent sous nos yeux sans qu’il soit évident de différencier les frères et sœurs des voisins, et les rôles sont répartis selon les besoins de tous.
Il est très fréquent ici que les plus pauvres soient aidés par l’ensemble du village pour assurer le minimum vital. Des sacs de riz, un toit, quelques habits : les mendiants sont très rares au Vietnam, l’entraide y est encore très présente. Le parrainage individuel n’entraine donc aucune jalousie : tout le monde se met d’accord rapidement sur les familles à aider en priorité, et cette aide est la bienvenue !