Parmi les familles que nous aidons, la pauvreté prend différents visages. Il est fréquent qu’après une séparation, les parents abandonnent leurs enfants avant de partir recommencer une vie ailleurs. On trouve ainsi beaucoup d’enfants recueillis par un grand-père ou d’une grand-mère à la santé fragile. Dans une situation si précaire, il est difficile pour les jeunes d’envisager une scolarité jusqu’au bac.
On rencontre aussi des personnes admirables qui prennent des enfants sous leur toit. C’est un oncle, une tante, un proche, qui s’occupe également des personnes en mauvaise santé, laissées de côté par les familles, et qui sont une charge financière supplémentaire. Ces personnes héros anonymes ne comptent pas les efforts et les sacrifices.
Les familles ayant un enfant handicapé sont parmi les plus vulnérables. Il n’y a que très peu d’aides et aucune structure adaptée pour les accueillir. Par ailleurs, le handicap est souvent perçu comme un mauvais karma, ce qui entraîne souvent craintes et incompréhensions.
Malgré ces situations, plusieurs familles essaient autant que possible d’envoyer leurs enfants à l’école, en dépit du manque de perspectives à long terme, et des obstacles à court terme. La motivation fait partie des critères de sélection des filleuls Enfants du Mékong : le but est en effet d’aider ces familles à s’en sortir par elles-mêmes par le biais de l’école.