Protection de l’enfance dans les camps de réfugiés de la province de Tak en Thailande

Progression : 20%

Collecté : 9 355,00 € sur 45 503,53 €

Présentation du projet

La Thaïlande accueille sur son sol près de 100 000 réfugiés birmans dans 9 camps tout au long de la frontière montagneuse qui sépare les deux pays. Le pays assure la sécurité des camps, mais n’autorise pas les gens à en sortir, ni à travailler. Tout est donc fourni par l’aide internationale : nourriture, matériaux de construction (bambou et bois uniquement), vêtements…

Depuis quelques années, les fonds gouvernementaux dirigés vers les camps en Thaïlande ont diminué progressivement en anticipation de la fermeture de ces camps. Corolaire de la réduction des ressources, le nombre d’ONG intervenant dans les camps s’est aussi réduit, passant de 26 ONG à seulement 13 en 2017.

A l’annonce d’une fermeture progressive s’est substitué une forte incertitude sur l’avenir pour ces habitants. A la misère morale des camps s’est ajoutée une misère matérielle importante. Avec l’aide du COERR, on a assisté à une augmentation des problèmes suivants :

  • Consommation accrue d’alcool
  • Augmentation de la prise de risques des réfugiés pour aller chercher du travail illégal à l’extérieur des camps
  • Précarisation plus importante des personnes âgées vulnérables
  • Baisse de la fréquentation des écoles par les enfants, principalement par manque d’argent pour les frais de scolarité et les uniformes
  • Augmentation de la délinquance des jeunes (alcool, vols…)
  • Importante augmentation des cas graves de protection de l’enfance : abus sexuel, violence physique, négligence et exploitation

Le COERR, partenaire de confiance pour EdM dans le pays, est la branche de Caritas Thaïlande en charge des réfugiés et des personnes déplacées. L’ensemble de ses actions sont pensées pour promouvoir la dignité de la personne.

Le projet est assez simple. Les équipes du COERR ont la capacité aujourd’hui de détecter les différents cas d’abus sur les enfants. Ils ont aussi sélectionné 3 familles de confiance par camp qui accueilleront un ou plusieurs enfants pour une période de quelques mois, le temps de trouver une solution adaptée à chacun. Ces solutions seraient principalement :

  • Le placement dans les orphelinats dans les camps (il en existe un par camp), mais la situation est loin d’y être simple,
  • Le départ pour l’étranger vers une famille d’accueil puisque des pays accordent encore des visas pour les enfants maltraités,
  • Le retour dans la famille si la situation le permet.

Alice Peltié, responsable de la Thaïlande pour Enfants du Mékong, nous explique la situation dans les camps :

Deux problèmes se posent aux familles d’accueil. Tout d’abord un problème de moyens. Le projet prévoit donc de donner aux familles d’accueil une indemnité pour financer l’accueil de ces enfants supplémentaires. Deuxièmement, la gestion des enfants maltraités est tout sauf simple. Le COERR va donc former ces familles avant de leur confier des enfants, puis les accompagner sur la durée.

Le COERR appelle prioritairement EdM dans la province de Tak qui regroupe 3 camps et plus de 50% des réfugiés, dont Maela le plus grand avec plus de 35 000 personnes. Le COERR y avait recensé, en début 2020, 190 cas d’enfants abusés. Ce nombre est évidemment en perpétuelle évolution, et tous les cas n’ont pas besoin d’être isolés de leur famille, mais le besoin est important et urgent.

Violaine Janssen
Violaine Janssen Relation donateurs et bienfaiteurs, responsable projets Contact