Le Vietnam compte en 2020 près de 2 millions d’étudiants d’après l’UNESCO sur une population de 97 millions d’habitants. Seuls 10,2 % de la population vietnamienne âgée de plus de 25 ans dispose d’un niveau d’éducation équivalent à la licence. Les études supérieures restent réservées à une petite élite. En cause, leur coût excessif. Et pourtant, être en possession d’un diplôme d’études supérieures permet à son détenteur d’accéder à des emplois, certes pas toujours mieux rémunérés qu’un emploi en usine (par exemple, pour les enseignants), mais stables et moins pénibles.
Dans les grandes villes universitaires du pays (principalement Hanoi et Hô Chi Minh-Ville), de nombreux étudiants luttent contre des conditions de vie précaires, révélant les défis auxquels sont confrontés de nombreux jeunes du pays en quête d’éducation supérieure. Malgré les encouragements de l’État à poursuivre des études universitaires, des témoignages de nos filleuls mettent en lumière une réalité difficile. Aujourd’hui, dans les régions de Hô Chi Minh-Ville et de Hanoï, le coût annuel d’un étudiant à l’université est d’environ 50 à 86 millions de VND (2 000€ à 3 440€) par an.
Si une grande partie des étudiants travaillent à temps partiel pour financer leurs études, cela ne suffit pas. Les salaires, payés à l’heure, sont aléatoires et les étudiants de certaines filières – en médecine par exemple – n’ont pas de temps libre à accorder au travail partiel. Il leur est possible de limiter les dépenses de logement (en s’entassant dans de petits studios) ou de nourriture (en ne mangeant qu’un repas par jour) mais il ne leur est pas possible de réduire leurs frais de scolarité.
Le logement représente un autre défi majeur. Les étudiants venant de provinces rurales à la capitale se trouvent souvent contraints à des conditions de vie exiguës, partageant des chambres étroites dans des immeubles surpeuplés.
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