Parrainer les enfants de l’île de Wah Chaung, aux confins de la Birmanie
Le village compte une école primaire et un collège. Sans soutien, les enfants arrêtent l’école après la 3ème c’est pourquoi nous soutenons les familles grâce au parrainage.
Aujourd’hui, c’est d’élections importantes pour la paix que vous vouliez nous parler Antoine.
Tout à fait Nicolas. Mais autant vous le dire tout de suite, ce ne sont pas les élections américaines qui me préoccupent ici mais plutôt celles de Birmanie. Dimanche, se tiendront les élections législatives du Myanmar, les secondes élections libres du pays après celles de 2015 et la fin de la junte militaire au pouvoir depuis 1962. Rappelons tout d’abord, c’est important je crois, que si le processus de transition démocratique est bien engagé en Birmanie, le pays n’est pas encore à proprement parlé une démocratie et l’armée y conserve un pouvoir extrêmement important. Il faudrait même parler de contre-pouvoir tant elle s’oppose régulièrement à Aung San Suu Kyi et son parti, la Ligue pour la Démocratie au pouvoir depuis 2015.
À titre d’exemple, pour ces élections, l’armée a obtenu de la commission électorale que 56 cantons ne puissent par participer au vote de dimanche en raison de conflits ouverts entre l’armée et certaines minorités ethniques (135 officielles dans le pays) comme c’est le cas dans l’Etat Rakhine, l’état Shan, Wa ou Chin (soit près d’1,8 million d’électeurs au total). Sans compter les Rohingya dont la nationalité n’est pas reconnue ou bien les Birmans immigrés notamment les 2 millions de Birmans qui vivent en Thaïlande pour des raisons de procédures complexes qui ne sont pas prêtes.
Tout n’est donc pas gagné pour la démocratie en Birmanie, c’est bien cela ?
Rien n’est joué en effet et si un retour de l’armée au pouvoir est improbable, il ne faut pas pour autant écarter totalement cette possibilité tant la guerre civile est encore présente en Birmanie. Pierre-Marie Durier, analyste pour l’ambassade de France à Bangkok en 2019 et auteur de Géopolitique de la Birmanie détaillait dans notre magazine Asie Reportages le mois dernier les freins à la démocratisation du pays en ces termes : « Le premier frein, comme dans de nombreux autres pays, c’est la guerre civile, constante depuis quasiment le début de son existence moderne. Depuis l’indépendance de la Birmanie après la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, l’Etat birman n’a jamais connu la paix complète. Ce furent d’abord des guérillas communistes qui se sont battues contre le gouvernement de Rangoun, puis les fameuses rébellions ethniques dont les Karen, les Shan, les Wa ou les Kachin. Et, depuis l’an dernier, l’ouverture d’un nouveau front dans l’Etat Arakan, le même au sein duquel les Rohingya sont persécutés, où la population ethnique a pris les armes contre le gouvernement avec un niveau de violence qui ne cesse de monter. »
La paix reste donc la priorité pour la Birmanie et l’enjeu principal de ces élections. Encore aujourd’hui, malgré les nombreuses remises en cause de sa politique à l’international, Aung San Suu Kyi bénéficie encore de la confiance de 79% des Birmans selon les derniers sondages. Des Birmans réalistes qui n’ont en réalité d’autres alternatives que l’armée ou la dame.

Le village compte une école primaire et un collège. Sans soutien, les enfants arrêtent l’école après la 3ème c’est pourquoi nous soutenons les familles grâce au parrainage.
L’objectif de ce programme de parrainage est de venir en aide à des enfants accueillis à l’internat de Kanmahgyi et venant de Kanan et de villages isolés en montagne dont les familles sont très pauvres ou des enfants orphelins, abandonnés.
En 2024, les villages de Monhla et Chanta Ywa se sont retrouvés au cœur de combats entre l’armée birmane et les forces opposées au gouvernement militaire. De nombreuses maisons ont été brulées dans les deux villages et les habitants ont été contraints de se déplacer en fonction des combats.
Les filleuls sont principalement karens, issues de familles déplacées venant du nord de l’état Mon ou de l’état karen proche suite aux conflits avec l’armée birmane, et qui vivent au foyer de Mawlamyine.
Les écoles étant fermées dans les villages karens, les foyers en ville sont la seule solution pour les jeunes d’étudier. Les filleuls ont quitté leur village pour toute une année scolaire, laissant parfois à contrecœur, leur famille dans des conditions matérielles bien difficiles.
Montagneux et difficile d’accès, l’État Chin souffre d’un faible développement.Les parents des filleuls, essentiellement agriculteurs, travaillent dur malgré la pauvreté des sols.
Le programme de parrainage se situe à Tamu, à environ 130 kilomètres au nord de Kalaymyo, dans la région de Sagaing, en Birmanie. Tamu est une ville stratégique à la frontière avec l’Inde, un point de passage commercial majeur pour les échanges avec la Thaïlande et la Chine.
Difficile d’imaginer un accès plus difficile que celui mène aux écoles du réseau d’Eh Twa. On ne compte plus les heures de route cahoteuse, […]