Parrainer c’est aussi construire la paix en Birmanie

Dans sa chronique radio l’espérance au cœur, Antoine Besson, rappelle comme le parrainage et l’éducation des enfants les plus pauvres est un moyen efficace pour construire la paix, notamment en Birmanie.

Vendredi dernier vous nous parliez des élections prochaines en Birmanie. Le vote a eu lieu Dimanche. Que pouvez-vous nous en dire ?

La victoire de la LND, la Ligue Nationale pour la Démocratie, aux élections législatives est désormais certaine en Birmanie. Le parti d’Aung San Suu Kyi formera donc le prochain gouvernement et l’on peut espérer que ce soit un pas qui rapproche un peu plus le pays de la paix et de la démocratie. Un ami Birman de Rangoun réagissait hier à l’information sur les réseaux sociaux. Il écrivait : « Si seulement ce résultat signifiait autant pour tout le peuple du Myanmar que pour la majorité Bamar. (…) J’espère une prise en considération des intérêts de tous dans ce mandat à venir (car il y en avait peut-être trop peu dans le précédent). Et n’oublions pas les 25% de députés en uniforme qui n’ont même pas eu besoin de convaincre pour leur siège. Bonne chance à nous tous ! »
Vous l’entendez en filigrane : tout reste à construire en Birmanie, notamment la paix et l’unité nationale entre l’ethnie majoritaire Bamar et les 135 ethnies minoritaires officielles dont les intérêts sont parfois mal représentés.

 

En quoi cela a-t-il des conséquences pour Enfants du Mékong qui est une ONG d’éducation ?

C’est essentiel ! C’est par l’éducation des plus pauvres et des laissés pour compte que l’on pourra réellement faire se lever en Birmanie des artisans de paix. Le pape François l’écrit dans l’encyclique Fratteli Tutti : « Aucune famille, aucun groupe de voisin ni aucune ethnie, encore moins aucun pays n’a d’avenir si le moteur qui unit, agrège et couvre les différences, est la vengeance et la haine. » Le parrainage en se mettant au service des plus pauvres, en allant dans les zones reculées où personne ne va faute d’accès, en offrant une éducation et un avenir aux enfants quelle que soit leur ethnie est une clé pour un monde meilleur. C’est un engagement pour la paix et pour l’homme. Manon, l’une de nos volontaire Bambou basée à Mandalay nous a raconté dans une vidéo à voir sur notre site internet les défis des zones ethniques. Ces élections récentes, si elles semblent confirmer une avancée vers la démocratisation du pays, montrent également les fractures de la Birmanie entre les Bamar et les autres identités ethniques. Plus que jamais, nous devons soutenir la paix et Enfants du Mékong croit que c’est par l’éducation que nous le pourrons. Vous aussi vous pouvez être artisan de paix en prenant un parrainage collectif pour permettre aux enfants isolés dans les Chin ou l’état Karen de pouvoir recevoir une formation humaine intégrale. Merci.

Photo de classe chez les karens, en uniforme traditionnel

Devenez artisans de paix en soutenant les foyers d'éducation pour les jeunes des ethnies minoritaires :

Le foyer de garçons de Kyaukme en Birmanie
Antoine Besson
Antoine Besson Rédacteur en chef du magazine Asie Reportages