Les Philippines et la Covid : Etat de la situation (Octobre 2020)

Situation aux Philippines dans le contexte du Covid

Avec une population de presque 110 millions d’habitants et très jeune (près de 50% à moins de 25 ans), les Philippines ont réussi à limiter l’impact sanitaire du COVID 19 (autour de 4 000 personnes officiellement décédées à date).

Des mesures très strictes ont été mises en place depuis mi-mars pour limiter la propagation du virus avec la fermeture des frontières extérieures, des écoles et de tous les lieux publics, l’arrêt des transports intérieurs et l’interdiction de quitter sa ville/son village, la limitation des sorties au strict minimum (courses alimentaires et besoins de première nécessité) avec un système de pass nominatif (un par foyer), le respect d’un couvre-feu (dont l’interdiction totale de sortie pour les moins de 21 ans et les plus de 60 ans …encore en vigueur aujourd’hui !), la mise en place de checkpoint dans chaque quartier avec déploiement des forces armées, le port du masque obligatoire partout. Les Philippines ont gagné le record mondial du plus long confinement !

La population a globalement bien respecté ces mesures malgré les difficultés de vie qu’elles ont entrainées car elle est terrifiée par le virus. Le gouvernement et la presse entretiennent une véritable paranoïa et aucun discours dissident n’est autorisé. Le président a été clair sur ses intentions : « il n’y aura pas de retour à la vie normale tant qu’il n’y aura pas de vaccin » ! En attendant, le confinement laisse petit à petit la place au nouveau statut « New Normal » qui restreint les libertés individuelles.
Les familles ont perdu leur emploi du jour au lendemain et n’ayant pas d’épargne, elles ont survécu grâce à l’aide de l’état (qui a réalisé des distributions alimentaires, même si une partie de l’aide a été détournée par la corruption), des ONG et à l’entraide familiale.
Depuis août, le gouvernement allège progressivement les mesures. Toutefois, la liberté de déplacement n’est toujours pas revenue, empêchant certains jeunes de rejoindre nos centres et les villes pour étudier.

Si l’impact sur la précédente année scolaire a été limité (les cours finissant fin mars et les enfants étant en vacances d’été en avril et mai), il n’en est pas de même pour la nouvelle année scolaire. En effet, la rentrée prévue initialement début juin a été décalée à fin août puis début octobre avec l’annonce d’une reprise des cours uniquement en ligne pour tous les niveaux scolaires !

Seulement certaines écoles privées (équivalent lycée) et les universités ont commencé les cours en ligne fin août ce qui a entrainé un vent de panique parmi les jeunes. Le Ministère de l’Education a annoncé que près de 20% des jeunes ne s’était pas inscrit à l’école cette année du fait de l’impossibilité d’accéder aux cours en ligne (par manque de réseau dans leur village ou de matériel comme les ordinateurs et les smartphones). Quant aux 80%, très peu pourront objectivement suivre efficacement les cours par manque de moyen matériel, financier, d’accès au réseau internet et de soutien dans leur famille (notamment les plus jeunes).

Distribution de nourriture à Inayawan
Distribution de nourriture à Inayawan
Distribution de nourriture à Saint John
Distribution de nourriture à Saint John

Les actions d'EDM aux Philippines

Distribution de nourriture Inayawan
Distribution de nourriture Inayawan

Depuis mi-mars, EDM a transformé son parrainage scolaire en aide alimentaire d’urgence. Les Responsables de Programmes ont réalisé plusieurs vagues de distribution de produits de première nécessité, ce qui a été très apprécié par les familles des filleuls. EDM a également participé, via des levées de fonds dédiées, au financement de « soupe populaire » ou programmes alimentaires mis en place sous l’initiative de certains Responsables de Programmes à destination des familles non parrainées.
Avec la reprise des cours en ligne, EDM finance également l’achat de matériel informatique (ordinateurs, imprimantes, …) à usage collectif dans les programmes et ses 4 centres d’étudiants, ainsi que l’achat de crédit téléphonique pour les jeunes des programmes qui suivent leur cours à domicile via leur smartphone.
Enfin selon les besoins, EDM finance au cas par cas des logements (Boarding House) dans les villes, pour permettre aux étudiants habitant dans les villages reculés de venir étudier là où il y a un réseau internet.

Le lien avec les filleuls

Pendant ces longs mois de confinement, le lien entre EDM et les filleuls n’a jamais été rompu grâce aux Responsables de Programmes et aux volontaires restés sur place qui ont assuré une gestion de la crise en temps réel. Malgré un confinement à demeure, empêchant toute visite de programmes, les volontaires ont réussi à maintenir un lien fort avec la plupart des Responsables pour coordonner à distance les besoins sur le terrain.
La fermeture de la poste philippine n’a pas permis la délivrance des lettres des filleuls à leurs parrains et vice versa. Pour pallier à cette absence, les volontaires ont encouragé les filleuls à réaliser des vidéos courtes pour leur parrain. C’est ainsi 900 vidéos personnalisées qui ont pu être envoyées ces 6 derniers mois !
Même si aujourd’hui la plupart des volontaires sont rentrés en France et que la nouvelle promo ne peut pas encore partir du fait de la fermeture des frontières, EDM reste mobilisée et en contact direct avec les Responsables sur place pour continuer l’action auprès des filleuls et leurs familles en adaptant notre aide.

L'incroyable aventure des lettres aux Philippines

Agathe, ancienne volontaire aux Philippines

Agathe revient sur ses 2 années de mission auprès des enfants philippins. Aujourd’hui, elle est responsable des Philippines au siège d’Enfants du Mékong.

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