« Si les écoles demeurent fermées pour l’instant, ce n’est pas forcément négatif, souligne Martin. Nous pâtissons d’informations parcellaires et souvent floues mais le gouvernement semble vouloir profiter de cette période singulière pour réformer entièrement le système éducatif depuis longtemps gangréné par des professeurs qui font payer le savoir en forçant les jeunes à venir suivre leurs cours privés payants. » C’est cette pratique qui a poussé Enfants du Mékong, il y a de nombreuses années déjà, à mettre en place des cours gratuits dans ses centres et foyers pour les enfants les plus pauvres, en plus des cours dispensés dans les écoles, insuffisants pour l’obtention du diplôme d’Etat. « Si le gouvernement propose une nouvelle organisation des programmes scolaires plus égalitaire, on ne peut que s’en réjouir », insiste le directeur du centre scolaire de Sisophon. Cette réforme intégrerait des pratiques d’apprentissage à distance qui semblent avoir fait leurs preuves durant la crise sanitaire.
Si les filleuls d’Enfants du Mékong ont eu droit à cette formule dès la fin du mois de mars, tout le Cambodge s’y est mis officiellement à partir du mois de mai. « Bien sûr que cette manière de faire n’est pas la meilleure et ne peut pas remplacer les cours en présence des élèves mais j’ai, malgré tout, trouvé que c’était une expérience intéressante pour le Cambodge, s’enthousiasme Martin Maindiaux. A ma grande surprise, certains élèves ont fait des progrès remarquables grâce à ces nouvelles méthodes. » C’est le cas de Chinh, un élève du centre de Sisophon. « Quand je lui ai demandé comment il avait fait, il m’a expliqué que, quand il ne comprenait pas, il pouvait regarder plusieurs fois la vidéo alors qu’en classe, il ne peut pas redemander au professeur. Les cours en ligne sont de meilleure qualité et plus pédagogiques. »