Situés à l’est du pays, les Etats Shan et Kayah se trouvent au carrefour de la Chine, de la Thaïlande et du Laos. La région est ainsi une place centrale pour le commerce des biens, mais également pour le trafic d’êtres humains et le trafic de drogues. De nombreuses minorités ethniques ont été à l’origine d’une forte contestation contre l’armée gouvernementale birmane. Des accords de paix ont aujourd’hui été signés mais les cicatrices de ces conflits armés sont toujours visibles : le manque d’infrastructures y est flagrant, les taux de scolarisation et d’alphabétisation sont ridiculement bas et les conditions sanitaires sont mauvaises.

Sisong est un de ces petits villages perdus dans les montagnes qui regroupe environ 500 habitants venant de l’ethnie des Kayans. Le village a la chance d’avoir déjà une école allant du primaire jusqu’au grade 7. Des enfants d’autres villages aux alentours viennent aussi dans cette école. Mais l’isolement du village ne permet pas aux enfants de continuer l’école après le grade 7. Très peu sont envoyés à Hwarrikhu ou à See Buu, les deux villages un peu plus importants les plus proches. Pour pouvoir y étudier, les enfants doivent loger sur place. Or, Les frais de logement, de nourriture ainsi que le coût de la scolarité sont un poids financier trop important pour les familles de Sisong.
L’école de Sisong accueille actuellement 117 enfants du grade 1 à la fin du grade 7. Ils sont 10 professeurs au total pour faire classe, 7 professeurs gouvernementaux et 3 professeurs du PSIE (issus d’une bonne formation d’enseignement à Yangon qui ne dépend pas du gouvernement). La directrice de l’école, Julia, originaire du village, a le souci de donner la meilleure éducation possible aux enfants, malgré leurs moyens limités. L’école de Sisong rencontre donc trois problèmes majeurs : de mauvaises conditions pour étudier, un collège non autonome, et une coupure dans le parcours scolaire.
Afin de permettre l’accès à l’école à des enfants d’un village reculé, d’éviter la déscolarisation des enfants de Sisong après le grade 7, d’améliorer les conditions d’études des enfants de l’école en créant un espace supplémentaire pour accueillir plus d’élèves, de poursuivre le soutien éducatif dans ce village où l’aide commence à porter ses fruits et où la prise de conscience de l’importance de l’éducation prend forme, Enfants du Mékong, les responsables locaux et les volontaires sur place ont décidé d’agrandir l’école de Sisong.

Le projet consiste à faire en sorte que l’école de Sisong devienne un Lycée. Pour cela ils devront construire un bâtiment supplémentaire qui contiendra 3 nouvelles salles de classe afin d’y accueillir les grades 8, 9 et 10. Tout au long du projet, Assumpta, la responsable de ce programme pour Enfants du Mékong, s’est chargée de réceptionner les fonds et de suivre l’avancement des travaux.

Un an après la demande d’Assumpta, un nouveau bâtiment fut inauguré en septembre dernier. L’école compte désormais une structure supplémentaire, pouvant accueillir quatre classes, et permettra ainsi à l’école de devenir autonome. L’école accueille aujourd’hui 132 élèves provenant de Sisong et de 4 autres villages des alentours. Elle commence en Maternelle, l’année précédant l’école primaire; et se termine au grade 8 qui clôt les quatre ans du cycle du collège. Désormais les trois grades, auparavant placés dans la structure en bois, bénéficient d’un nouveau bâtiment à la fois plus spacieux et en meilleur état. L’école peut accueillir de nouveaux élèves et a ainsi eu la possibilité de s’étendre en ouvrant le grade 8 en juin, pour la dernière rentrée scolaire. Deux nouveaux enseignants ont été affectés par le gouvernement, ce qui fait désormais onze professeurs.