« On est fières de permettre à un enfant d’aller à l’école »

Après 6 mois de voyage en Asie en famille; Estelle et Clément ont offert à leurs 3 filles un parrainage. Tam, jeune vietnamienne de 12 ans, fait le bonheur de toute la famille grâce à de jolis échanges épistolaires !

J’écoute le podcast 

Un voyage en famille ou le début d'une belle aventure

En 2016, la famille Launay a décidé de partir à l’aventure pour 6 mois. Sacs au dos, Estelle et Clément, ainsi que leurs 3 filles, Clara, Elia et Théa, se sont lancés à la découverte de l’Asie. « On est partis en voyage dans 6 pays différents : la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, le Viêtnam, la Malaisie et l’Indonésie. Mes sœurs étaient alors en primaire et moi en 5ème », explique Clara, l’aînée, aujourd’hui âgée de 17 ans. Elia a désormais 14 ans et Théa en a 12, le même âge que leur filleule, Tam.

En effet, c’est au retour de leur voyage que la famille Launay a décidé de parrainer la scolarité d’un enfant en Asie. « Lors de notre voyage, on a vu des villages, des écoles, notamment au Laos et au Nord de la Thaïlande, donc ça nous a sensibilisés. Au retour, on a cherché comment, à notre petit niveau, on pouvait aider. Et on a entendu parler de l’association Enfants du Mékong. Le cheminement s’est fait et on a trouvé que c’était une bonne idée d’offrir un parrainage pour nos filles », poursuit leur Maman. « On est quand même dans une société très matérialiste. On essaie de sortir un peu de cette société de consommation, et cette forme de cadeau s’y prêtait très bien ».

La petite Tam

Les 3 sœurs découvrent leur filleule

Tam, jeune filleule vietnamienne

C’est en 2016 que, pour Noël, ces 3 sœurs ont eu la joie de découvrir leur cadeau tout particulier. « C’était totalement la surprise, on ne savait pas, c’était original mais ça nous a beaucoup plu ! », s’exclament-t-elles. A travers l’échange épistolaire établi entre les filles et Tam, ces dernières ont appris à se découvrir les unes les autres, peu à peu.

« Dans nos lettres à Tam, on écrit chacune un petit paragraphe. On lui raconte ce qu’on fait, on répond aux questions qu’elle nous pose, on lui pose des questions sur elle et sa famille… On est heureuses de pouvoir échanger avec elle sur comment chacun vit, comme on a des cultures différentes ». Tam habite au Viêtnam et est actuellement en 7ème grade, ce qui équivaut au niveau de la 5ème en France. Le Papa de Tam étant décédé, son grand-frère travaille aux champs avec sa Maman, et Tam s’occupe de son petit frère en rentrant de l’école, le soir.

Les échanges entre filleule et marraines

Aujourd’hui, Tam écrit environ 4/5 lettres par an à Clara, Elia et Théa. De temps en temps, elle leur envoie une photo d’elle, de sa famille, ou bien alors son bulletin scolaire, en leur racontant quelles sont ses matières préférées. Ses 3 marraines savent désormais que, plus tard, Tam souhaite devenir maîtresse. En cette période agitée de coronavirus, le soutien moral et financier que lui apportent ses marraines s’en trouve d’autant plus précieux.

Dans sa dernière lettre d’août 2020, Tam leur partageait les difficultés locales que cette crise engendre au Viêtnam, parmi lesquelles, une hausse spectaculaire du chômage. Clara, Elia et Théa connaissent l’importance du parrainage pour Tam et l’encouragent à persévérer en classe : « elle accèdera plus facilement à un métier. L’école lui apprend à créer des liens sociaux avec d’autres personnes ».

Bulletin de notes

Pour les parents de Clara, Elia et Théa, ce cadeau avait du sens. Selon Estelle, « c’est les ouvrir un peu sur la différence qui peut exister entre les enfants. On n’est pas tous égaux, quoi qu’on en dise, en fonction du lieu où l’on vit. Elles avaient déjà été sensibilisées pendant le voyage mais c’est une façon de prolonger. Je pense qu’elles ont déjà largement tout ce qu’il leur faut, donc c’est un cadeau immatériel et un peu différent. Elles gardent ainsi un petit contact avec l’Asie, car c’est une chose que de dire à un enfant que tous les enfants ne peuvent pas aller à l’école, mais s’en est une autre que de nouer ce lien concret avec la filleule via cet échange de lettres, même si elles ne l’ont jamais vue. Je trouve cela important, et ça leur permet de se rendre compte que, finalement, c’est assez simple chez nous. Quand on râle pour aller à l’école, il faut se rappeler que certains enfants aimeraient y aller mais ne peuvent pas. »

Clara, Elia et Théa avec leur filleule en photo !

Découvrez ce cadeau solidaire

offrir un parrainage

Le parrainage, une aventure qui en entraîne une autre !

Autour d’elles, Clara, Elia et Théa ont déjà partagé leur expérience de marraines de Tam. « On est un peu fières de pouvoir permettre à un enfant d’aller à l’école, d’avoir une éducation. On voudrait transmettre cela ». Pouvoir échanger sur leur expérience familiale, les Launay ont eu l’occasion de le faire à l’occasion de la diffusion du film « Grandir », réalisé par Enfants du Mékong, pour les 60 ans de l’association. C’est en effet lors d’une séance organisée à Dijon par la délégation départementale, que Clara, Elia, Théa ainsi que leurs parents, ont pu rencontrer d’autres familles parrainant un enfant ou ayant, eux aussi, voyagé en Asie du Sud-Est. Pour Clément, « c’était intéressant de pouvoir échanger en France avec d’autres parrains, bénévoles de l’association. Et puis, dans un petit coin de notre tête, pour notre aînée il y a… ». Comprenant ce à quoi son Papa fait référence, Clara s’exclame alors : « Ah oui ! J’ai entendu parler des volontaires bambous. Je me suis un peu renseignée et c’est un projet que j’ai, dans quelques années, de pouvoir aller sur place, partir là-bas pour aider et m’occuper des enfants ! »

A l’instar de leur grande sœur, Elia et Théa aimeraient beaucoup se rendre au Viêtnam pour rencontrer Tam : « Ça serait bien de la voir en face à face, en vrai, en réel ! ». « Tout comme nos filles, on aimerait un jour pouvoir aller rencontrer Tam au Viêtnam. En tous cas, c’est un cadeau qu’on ne regrette pas ! », concluent leurs parents.