Luong et Yolaine : bien plus qu’un parrainage !

Voici le témoignage de Luong et Yolaine, sa marraine. Des 10 ans du jeune vietnamien jusqu’à ses 22 ans, voici le récit d’une belle histoire de parrainage !

A 10 ans, Luong apprend qu'il allait être "parrainé"

 » A l’époque, j’ai une situation familiale compliquée. Je suis l’aîné de 2 enfants. A l’école, je me suis toujours senti inférieur aux autres à cause de la pauvreté de ma famille. Un jour, un de mes professeurs, Monsieur Nhung, vient rendre visite à ma famille. Il leur dit que si j’étudiais bien, il me trouverait un parrain. Grâce à ses contacts et à son aide, j’ai pu avoir une marraine : elle s’appelle Yolaine. Elle est très affectueuse envers moi et a un cœur immense.

Luong, sa maman et son petit frère, devant chez eux
Luong, sa maman et son petit frère, devant chez eux

Yolaine, une marraine présente

Yolaine, Luong et son petit frère
Yolaine, Luong et son petit frère

Chaque année, ma marraine envoie des cadeaux supplémentaires à ma famille afin que l’on puisse manger correctement pour le nouvel an vietnamien. J’écris souvent à ma marraine et je reçois ses lettres aussi : ses lettres étaient moins fréquentes mais beaucoup plus longues que les miennes. Elle m’envoie même des photos et des autocollants. Deux ans après le début de mon parrainage, Yolaine est venue me rendre visite chez moi, au Vietnam.

J’étais si heureux et impatient lorsqu’on m’a annoncé cette nouvelle ! Au début, j’avais peur de lui parler, mais c’est aussi car il y avait beaucoup de monde. Après quelques minutes, c’était beaucoup moins embarrassant et puisque je me confiais souvent aussi avec elle par écrit, c’était comme si je la connaissais depuis longtemps. Elle est venue me rendre visite deux fois en tout !

Un lien plus fort que le parrainage

Yolaine m’a beaucoup aidé, de l’esprit au matériel. Grâce à elle, j’ai eu de l’argent pour payer les frais scolaires à temps et je ne me suis plus senti aussi coupable qu’avant à cause de mes retards ou incapacités de paiement. Grâce à nos échanges de lettres, je me suis senti plus heureux et plus motivé.

En réalité, peut-être que je partage mes sentiments avec ma marraine plus que je ne le fais avec ma propre mère. Grâce à Yolaine, j’ai pu obtenu mon BAC et j’ai suivi une formation professionnelle (technicien de l’aluminium). Maintenant, je suis technicien de l’aluminium dans un petit magasin d’aluminium et ma vie est stable, je suis content. Je voudrais continuer mon travail comme ça quelques années pour économiser de l’argent et gagner en expérience et, après, j’ouvrirai un magasin d’aluminium et de verre que je pourrais gérer moi-même. Je suis toujours régulièrement en contact avec ma marraine : comme je ne parle pas français, j’utilise Google traduction pour traduire toutes nos conversations !  » Luong

Luong
Luong

Yolaine, la marraine de Luong, prend la parole

 » J’ai rencontré Luong pour la première fois lors du Têt 2008. Un petit garçon très charmant et si souriant ! Sa vie était pourtant bien difficile… Sa maman faisait ce qu’elle pouvait pour gagner de quoi nourrir sa famille, en travaillant comme journalière sur les parcelles agricoles des autres. Je n’avais pas rencontré son père cette fois-là, mais les expressions tendues de sa maman et de son petit frère contrastaient vraiment avec le sourire de Luong. La maison était d’une pauvreté extrême…

Puis j’ai revu Luong 4 ans plus tard en 2012. J’ai trouvé un adolescent toujours aussi souriant, qui avançait bien dans ses études et pensait alors étudier la comptabilité. Nous avons réussi à échanger grâce à l’application Google traduction, et il savait déjà bien se servir d’un ordinateur, malgré l’absence de ce type d’appareil dans la maison. Cette fois-là, nous avons déjeuné tous ensemble avec ses parents et son petit frère, et la voisine qui avait aidé à préparer le repas. La maison était dans un énorme chantier, et se retrouvait sans façade alors que nous étions en plein hiver. Le père de Luong avait lancé de grands travaux qui s’étaient arrêtés faute de financement. La famille se protégeait des intempéries au moyen d’une bâche et les enfants dormaient sur un échafaudage, car il n’y avait plus de lit…

On m’a dit que le père maltraitait toute sa famille et abusait de ses enfants, ce qui m’a éclairée sur la mine toujours plus sombre du petit frère… et impressionnée sur la résilience de sa femme et de Luong… Mais Luong a réussi à passer son bac, contre vents et marées. Il a ensuite essayé de faire une formation professionnelle (électricité) puis est parti chercher un travail à Hanoï.

Luong et sa maison
Luong et sa maison

Des retrouvailles marraine / filleul émouvantes

Yolaine et Luong, quelques années plus tard !
Yolaine et Luong, quelques années plus tard !

Nous nous sommes retrouvés avec bonheur à Hanoï en Octobre 2018 où il m’a expliqué qu’il gagnait maintenant sa vie en travaillant pour un artisan qui fabrique des objets en métal. Il a toujours gardé son sourire et exprime aujourd’hui une belle assurance devant la vie et dit qu’il est heureux de son sort. Son père est décédé, mais sa maman et son petit frère se portent bien. La famille semble maintenant en bien meilleure situation.

Quelle joie ! Yolaine

LE TÉMOIGNAGE VIDÉO DE YOLAINE SUR SES PARRAINAGES

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