Les dérèglements climatiques affectent le Delta du Mékong

Inondations, glissements de terrain, salinisation des eaux, sécheresse : le Delta du Mékong, grenier à riz du Vietnam, pâtis des changements climatiques et de la construction effrénée de barrages en amont du fleuve.

Je parraine un enfant du delta du Mékong

Dans la partie Chinoise que traverse le Mékong, plus de 10 barrages hydroélectriques sont déjà construits. Et 27 autres barrages sont en prévisions, notamment au Laos qui s’associe avec la Chine pour en assurer l’exploitation. Le Comité du Mékong, fondé en 1995, s’est donné pour mission de promouvoir une gestion durable des ressources du fleuve. Mais, la Chine, pourtant principal acteur des exploitations intenses du Mékong, n’est qu’observatrice au sein de ce comité.

La région du delta a une importance économique majeure pour le Vietnam. Elle concentre 25% de son PIB. Là où le riz est la principale source de revenus pour la plupart des familles, les conséquences sur l’économie des journaliers agricoles et des petits exploitants sont dramatiques. Dans la province de Ben Tre, l’activité des barrages a fait baisser le niveau du Mékong de 5 mètres à 3 mètres en dix ans. A contrario, le niveau de l’eau de mer s’élève avec le réchauffement climatique, provoquant le reflux de l’eau salée à l’intérieur des terres, affectant gravement les rizières. « La production a diminué de plus d’un tiers en trois ans » témoigne l’un des exploitants de la province de Ben Tre.

Par ailleurs, l’alternance entre retenues et lâchers d’eau des barrages provoque ou bien des crues ou bien l’érosion des côtes. C’est un ainsi qu’un important glissement de terrain a eu lieu dans la province d’An Giang en début d’année, engloutissant 40 habitations.

Les phénomènes climatiques sont également à l’origine de sècheresses de plus en plus graves. Les pertes agricoles ont été colossales en 2016 et près d’un million de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. A Ben Tre, l’eau claire distribuée dans les canalisations contient beaucoup de produits cancérigènes supposés la « purifier ».  Il faut alors acheter l’eau en bonbonnes mais, la plupart des familles aux ressources de plus en plus instables, ne peuvent accéder à un tel investissement.

Ce sont les modes de vie du delta du Mékong, fondés sur la pêche et l’agriculture irriguée, qui sont lourdement menacés aujourd’hui. La démographie dans le delta a doublée en 50 ans, à la fin du siècle dernier, profitant de l’agriculture intensive du riz et de l’exploitation des bassins à crevette et du poisson. Aujourd’hui, toute la population subit les conséquences de ces dérèglements et nombreux sont ceux qui émigrent vers les villes ou vers les zones industrielles autour d’Ho Chi Minh Ville.

Que pouvons nous faire ?

Sur la gestion de l’eau comme sur beaucoup de questions liées au climat, les décisions internationales tardent à arriver.

L’approche d’Enfants du Mékong est différente. Notre association n’a pas pour but de faire du plaidoyer ou de mener des actions de lobbying. En revanche, notre vocation est de répondre à l’appel à l’aide des plus pauvres. Les appels au secours se multiplient dans le delta du Mékong, et nous nous engageons à y répondre. Comme ailleurs, nous sommes persuadés que l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde.

Nous avons pour mission de former l’élite de demain parmi les plus pauvres. Proposer aux enfants du delta un autre avenir que celui de leurs parents, contraints de cultiver du riz dans des conditions toujours plus précaire. C’est l’éducation qui permettra à ces enfants de se forger une vie décente, un avenir plus sûr et plus respectueux de leur milieu de vie. En parrainant un enfant du delta du Mékong, vous lui permettez d’aller à l’école et de poursuivre ses études le plus longtemps possible.

Je parraine un enfant du delta du Mékong

Nos besoins de parrainage au Vietnam