Soutenir les réfugiés du Laos en Thaïlande

« L’Espérance au Cœur » est une chronique hebdomadaire animée par Antoine Besson, journaliste et rédacteur en chef du magazine Asie Reportages.

« Actuellement, la Thaïlande abrite plus de 5 000 réfugiés urbains et demandeurs d’asile, venant de plus de 40 pays. 97 000 réfugiés birmans vivent près de la frontière dans des camps. 479 000 personnes apatrides sont actuellement enregistrées par le Gouvernement Royal thaïlandais, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). A Bangkok, la plupart des réfugiés urbains viennent du Pakistan, du Cambodge, du Laos et du Vietnam. La Thaïlande n’est pas signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Elle ne reconnaît à ces derniers aucun droit et ne leur fournit aucune assistance. Même une fois le statut obtenu auprès de l’ONU, s’ils n’ont pas de visa, les réfugiés urbains sont considérés comme des clandestins en Thaïlande, des fantômes dans la société. Les plus vulnérables dans ces situations tragiques sont les enfants.

Enfants Hmong de Thaïlande ©Antoine Besson
Enfants Hmong de Thaïlande ©Antoine Besson

Mayeh et sa famille sont Hmong et chrétiens, originaires de Phongsaly au Laos. Persécutés pour leurs fois et leur origine ethniques, Mayeh avait 8 ans, ses deux petits-frères 5 et 3 ans lorsqu’ils ont tous traversé illégalement la rivière du Mékong, la nuit, en bateau pour fuir leur pays. Un an après leur arrivée, la famille a été arrêtée et leur père envoyé en centre détention tandis que le reste de la famille a été relâchée grâce à de longues négociations et un pot-de-vin. N’ayant aucun droit de visite, ils n’ont jamais eu de nouvelles de lui. Cela fait 7 ans. « Les autorités font des arrestations régulières dans les rues des quartiers où les réfugiés et clandestins sont susceptibles de se trouver, explique un responsable. Beaucoup n’ont pas du tout les moyens de payer les pots-de-vin souvent exigés et sont envoyés dans des centres surpeuplés et insalubres où les conditions de vie sont extrêmes »

Mayeh est en 5e tandis que ses deux petits frères sont en primaire. L’école est sa grande motivation : « Je veux aller à l’école le plus longtemps possible, je veux apprendre car c’est la seule solution pour obtenir un bon travail et aider ma famille à se sortir de cette situation », nous confie Mayeh, qui voudrait devenir médecin.

Cet accès à la scolarité pour ces enfants, toléré par le gouvernement qui reconnaît un droit à l’éducation pour tous, du moins pour l’école primaire, leur est possible grâce à Enfants du Mékong qui permet en partie de subvenir aux frais d’uniformes et de transport scolaire. Plus que jamais, le parrainage sauve des vies, aidez-nous à protéger ces enfants des abus et de la rue. »

Antoine Besson

Venir en aide aux enfants de Thaïlande

Antoine Besson
Antoine Besson Rédacteur en chef du magazine Asie Reportages Contactez-moi