Des nouvelles fraîches du centre de Sisophon

Un mot sur la situation au Cambodge

Le Cambodge reste un des pays du monde le moins impacté sanitairement par la Covid-19. Pour autant la fermeture des frontières et le ralentissement de l’économie mondiale a un impact fort. Les zones touristiques souffrent beaucoup mais les Cambodgiens s’adaptent : certains retrouvent le chemin de la campagne et des cultures vivrières ; d’autres montent de petits commerces de rue.

Le BAC a été octroyé fin décembre à tous les élèves de terminal suite à une année scolaire chaotique. Pour éviter cependant d’avoir des étudiants trop médiocres, de nombreuses universités d’Etat ont imposé un examen d’entrée aux jeunes et des milliers de bourses d’études « de pauvreté ou de priorité » ont également été offertes par le gouvernement.

Les équipes locales khmères et les volontaires bambous ont réalisé un travail remarquable durant ces derniers mois (cours en ligne, les méthodes de suivi de nos élèves). Nous avons même été salués par les autorités locales du ministère de l’éducation. Ce travail a été récompensé par un faible taux d’arrêt, malgré les circonstances et des notes très honorables aux examens de fin d’année des différentes classes d’âge.  Comme il n’y avait pas de jeunes dans les foyers, les bambous et le staff ont renforcé le suivi des jeunes dans leurs familles, ce qui a aussi permis de bien remotiver les jeunes.

Le ministère de l’éducation a mis en place une réforme éducative qui va dans la continuité de ce qu’EdM réalise depuis quelques années : le nombre d’élèves par classe va être réduit et l’accent sera mis sur l’ancrage des savoirs plutôt que sur le volume de connaissance souvent indigeste. EdM en a profité pour réduire dans ses centres le nombre d’heures d’enseignement, pour accentuer la pratique et l’auto-apprentissage (recherches, travail en groupe, tutorat). Les enfants n’en sont que plus épanouis et moins fatigués.

Des nouvelles fraîches du centre de Banteay Chhmar

Des nouvelles fraîches du centre

Quelques photos !

Le centre a distribué du matériel scolaire à 63 écoles situées dans les villages autours de Sisophon, ainsi qu’au département de l’éducation de la province et aux jeunes parrainés d’Enfants du Mékong. Et chaque filleul qui en avait besoin a été équipé d’un vélo.

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Nouveaux vélos
Distribution matériel dans une école.png
Distribution matériel dans une école
Etudiants en plein examen
Etudiants en plein examen

ZOOM SUR LES ÉCOLES

Le niveau des écoles s’améliorant chaque année, le centre souhaite à terme remplacer les cours supplémentaires par des séances de coaching qui auront pour objectif de répondre aux questions des élèves. De plus, l’Etat a décidé de diviser les classes d’une même promotion selon leurs niveaux, ce qui complique l’organisation des cours supplémentaires, les élèves n’ayant plus forcément cours au même moment. Le centre souhaite donc mettre en avant les temps d’auto-étude.

Activités Siso

Activités Siso

Activités Siso

Rien de tel que de commencer l’année 2021 par de bonnes résolutions ! Avant la reprise de leurs cours, tous les jeunes du centre sont revenus effectuer ensemble un grand ménage du centre : salles de cours, foyers, jardin … Ils ont ainsi pu se retrouver dans une atmosphère joyeuse et tournée vers le service.

Mais attention, ces jeunes ont aussi droit à des réjouissances ! Notamment fin janvier, lorsque le foyer Channlo a fêté son anniversaire. Tout le centre s’est réuni autours des jeunes filles concernées.  Ces moments conviviaux permettent de souder les différents foyers du centre et offrent aux jeunes l’opportunité de faire la fête tous ensemble !

Anniversaires

Anniversaires

La promotion diplômée en 2020 !

Promotion diplômée en 2020

La totalité de la promotion 2019 – 2020 affiliée au centre de Sisophon (environ 80 élèves dont 31 logés sur place) a été diplômée du BAC. Le diplôme a été automatiquement délivré par le gouvernement car les épreuves n’ont pas pu avoir lieu cette année en raison du Covid.

Etudiants internes diplômés cette année

Promotion en formation professionnelle en 2020

En raison de la fermeture des écoles au premier semestre, beaucoup d’élèves ont eu des résultats moins bons malgré leurs efforts. En effet, le suivi des cours à distance a été compliqué pour certaines familles, trop éloignées pour avoir une connexion internet suffisante ou trop pauvre pour se procurer les dispositifs nécessaires.

N’ayant pas le niveau suffisant pour rentrer au lycée, 15 jeunes ont décidé avec notre soutien de suivre une formation professionnelle de 3 ans (correspondant en France aux années de lycée) avant de commencer leurs études.

Témoignage d’une filleule, étudiante en première année à l’université : Sereynath

Je m’appelle Sereynath, j’ai 20 ans, j’habite au Cambodge et je suis parrainée depuis maintenant 10 ans. Cela fait 6 ans que j’ai emménagé au centre Enfants du Mékong de Sisophon. Je suis née dans un village à environ 50 km d’ici, dans lequel je reviens 3 fois par an et j’appelle ma famille une fois par semaine. Grâce au parrainage j’ai eu accès à une scolarité complète, et je débute ma première année d’études en littérature chinoise. Sans cela, j’aurais travaillé avec ma famille dans les champs ou à la maison et n’aurais pas eu le temps d’étudier.

Tous les matins du lundi au vendredi, je me lève à 6h et pars à 7h afin d’être à 7h30 à l’université. Je reviens à 11h, cuisine mon repas et me repose ou fais ma lessive. A 14h, je vais au bureau du centre pour aider à remplir des papiers ou traduire des documents (khmer/anglais). Parfois, j’y vais aussi pour faire mes devoirs et travailler mes cours. Je dîne à 17h et à 17h30, j’ai des cours supplémentaires au centre : 1 heure de chinois, 1 heure de thaï puis 1 heure d’anglais. A 20h30, je retourne au foyer, termine mes devoirs, prends ma douche et vais me coucher vers 10h-10h30.

Dans 3 ans, j’obtiendrai mon diplôme de licence en littérature chinoise et souhaite devenir professeur de chinois. Au départ, je voulais enseigner la physique, mais cela n’a pas été possible car cette année le gouvernement a donné le bac à toute ma promotion en raison de la pandémie. Or, l’accès aux études pour devenir professeur de physique au Cambodge dépend de la note de Bac, donc personne n’a pu s’engager dans cette voie cette année. J’étais intéressée par le chinois depuis quelques temps, alors j’ai décidé de me lancer. Je serais heureuse de revenir habiter avec ma famille quand je commencerai à travailler. D’un autre côté, j’aimerais aussi travailler pour Enfants du Mékong, en donnant des cours de chinois par exemple.

En plus d’une formation scolaire solide, j’ai beaucoup appris humainement ici. Appris à vivre ensemble, m’adapter à un nouvel environnement et à différentes personnalités. J’ai aussi dû changer certaines de mes habitudes. J’aime bien habiter ici car l’atmosphère est joyeuse et je me suis fait beaucoup d’amis. L’environnement est agréable, il y a beaucoup d’arbres, c’est très vert et bien entretenu. Il n’y a pas de déchets par terre. Lorsque je suis arrivée, je me suis tout de suite sentie accueillie. On ne se connaissait pas avec les autres, donc on se souriait, on se posait des questions. On m’a aidé à trouver un lit, et ma nouvelle vie a commencé !

Sereynath

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Merci aux partenaires et donateurs

Merci à tous les généreux donateurs qui ont considérablement amélioré la vie de ces enfants !

Anne-Flore Aucoc
Anne-Flore Aucoc Chargée de pays Cambodge Contact