Soutenir les classes informelles en Birmanie

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Présentation du projet

L’objectif est de soutenir des classes informelles et alternatives, en marge de l’école publique, afin de pallier au système scolaire gouvernemental à l’arrêt depuis le coup d’Etat militaire du 1er février 2021.

Depuis le début de la guerre civil, les professeurs font grève et les jeunes refusent de se rendre à l’école du système militaire en signe d’opposition à la junte. Cette grève des élèves a pris la suite des restrictions sanitaires liées au Covid pendant l’année 2020. Ainsi, seul une partie des jeunes sont revenue sur les bancs de l’école (environ 40% en 2023).

Pour répondre au décrochage scolaire, au désœuvrement des jeunes et éviter qu’ils soient confrontés à divers fléaux (trafic humain, travail forcé, recrutement dans l’armée, etc.), de nombreux acteurs locaux mettent en place des classes informelles avec des professeurs volontaires. Ces classes sont un moyen de soustraire les jeunes à la guerre civile.

Le salaire d’un professeur par mois est de 20€ (50 000 kyatts). 

Soutenir une classe informelle en Birmanie 

MERCI pour votre aide et pour votre soutien !

Les points forts du projet

  • Continuer d’éduquer les jeunes pour qu’ils puissent reprendre le cursus scolaire lorsque la situation politique se normalisera.
  • Les protéger des divers fléaux liés au désœuvrement, les plus vulnérables étant les enfants de villages déplacés, sans repères, ayant fui la guerre.
  • Protéger les plus âgés des recrutements forcésdans l’armée birmane ou de l’enrôlement dans la résistance armée au risque de leur vie.
  • Donner à la jeunesse birmane des raisons d’espérer, de croire en l’avenir et de se rapprocher d’une vie d’enfant/d’adolescent normale.
  • Permettre la réintégration des jeunes dans l’école publique, selon le cursus du gouvernement dissident (NUG), lors du « retour à la normale » du pays.

Conséquences du contexte socio-politique sur la jeunesse birmane

La Birmanie est en situation de guerre civile avec 2,6 millions de déplacés internes, fuyant les combats entre l’armée birmane et les milices locales. Après des mois de grève générale sans effet suite au coup d’Etat de février 2021, la population entre en résistance armée.

Le retrait des investissements étrangers et les sanctions économiques entrainent une vague de pauvreté et un retour à un niveau de développement d’avant l’ouverture du pays en 2005.

  • Décrochage scolaire et désœuvrement : exposition à divers fléaux (travail d’enfants, mariages précoces, vulnérabilité face à la drogue, etc.).
  • Exposition à divers réseaux et trafics (prostitution, travail forcé dans les zones des frontières ou à l’étranger en particulier) : avec la crise économique, les jeunes n’ont d’autre choix que de chercher à tout prix à travailler pour gagner leur vie et aider leur famille.
  • Enrôlement de force dans l’armée birmane ou volontaire dans les groupes de civils armés pour se battre contre les militaires.
  • Perte d’enthousiasme face aux incertitudes de l’avenir.
  • Traumatismes liés à la guerre : les jeunes sont profondément perturbés par le contexte et les situations auxquelles ils assistent.
  • Les lycéens constituent une génération « perdue », n’ayant pas pu terminer leurs études.
  • Impossibilité de suivre des cours en ligne : les zones de guerre sont privées d’électricité et de réseau.

Découvrir notre projet d’aide alimentaire aux réfugiés birmans. Il regroupe les demandes de nos responsables de programmes pour l’achat de denrées alimentaires de base, assurant la survie des enfants et de leur famille.

Quelques chiffres

En août 2020, les écoles publiques sont fermées à cause de la crise sanitaire. La réouverture officielle est décrétée par les militaires en novembre 2021.

  • 35% des enseignants ont démissionné depuis le coup d’Etat de février 2021.
  • 42% des élèves seulement reviennent sur les bancs de l’école par peur des militaires qui encadrent les établissements ou en signe de résistance pour ne pas cautionner le régime.
  • 7,5 millions de jeunes ont été privés d’instruction pour l’année scolaire 2022-2023.

Ainsi, des écoles parallèles s’organisent pour pallier à l’absence de professeurs ou aux déplacements de populations.

En savoir plus sur le projet

Les classes informelles sont des initiatives locales menées par les communautés, en réponse à l’absence d’école depuis le coup d’Etat, et au boycott de l’école publique par les enseignants et les parents.

  • 120 lieux concernés.
  • 22 368 enfants bénéficiaires/élèves.
  • 1 095 professeurs, 20 élèves par professeur en moyenne.
  • 50 000 kyatts (20€) par professeur par mois.

Ces classes sont coordonnées au niveau national par la branche éducation de l’Eglise birmane. Elles sont implantées dans tous les lieux où l’école publique ne peut plus fonctionner, en particulier dans les zones de guerre (Etat Kayah, Shan sud et Karen, Etat Chin).

Les cours sont donnés dans les camps de personnes déplacées par la guerre, halls de paroisses ou de villages, dans les foyers, chez l’habitant, etc.

Les enseignants sont des anciens professeurs à la retraite ou ayant démissionné depuis le coup d’Etat, des étudiants en études supérieures ou encore des responsables d’internat. Ils sont payées 20€, soit 4 fois moins qu’un salaire normal.

Les matières enseignées sont les matières académiques (langue birmane, mathématiques, histoire, etc…). Un certain nombre d’écoles suivent plus précisément les cours du gouvernement en exil (NUG). En complément, des activités éducatives et d’accompagnement sont proposées, afin de développer la résilience des jeunes face au traumatisme de la guerre.

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La responsable locale

Mme Lucrecia est en charge de toutes les initiatives éducatives lancées par l’assemblée des évêques birmans. Formée aux Philippines, et en poste depuis plus de 10 ans, elle connaît parfaitement l’Eglise birmane et les correspondants locaux qui prennent ces différentes initiatives.

Elle connaît aussi très bien le terrain, les acteurs et les enjeux de l’éducation en Birmanie. C’est une femme déterminée qui sait coordonner des actions d’ampleur. Enfants du Mékong a déjà mené avec elle différents projets et l’a fait intervenir comme formatrice auprès de responsables locaux : elle est un partenaire de confiance et un pilier de notre action en Birmanie.

Mrs Lucrecia Responsable principale du projet des classes informelles

L’éducation est l’une des armes les plus importantes pour réformer pendant et après la crise.

« Au cours des années 2016-2022, le gouvernement de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) a réformé et apporté des changements fondamentaux à l’éducation dans tous les secteurs. L’armée a aboli le meilleur système éducatif que le Myanmar ait jamais eu. L’éducation a commencé à être réformée et restaurée. Cependant, les étudiants de l’école maternelle à l’université, ont dû interrompre leurs études en 2020 en raison de la pandémie et du coup d’État militaire. Ainsi, cela fait déjà plus de deux ans que les enfants n’ont pas pu accéder à l’éducation en particulier les enfants des zones rurales et éloignées. En réponse au besoin d’éducation, l’Église catholique, d’autres organisations confessionnelles et des organisations non gouvernementales ont mis en place des programmes d’éducation. Ces organisations se sont engagées pour que les enfants poursuivent leur éducation, qu’elle soit formelle ou informelle afin qu’ils apprennent au moins quelque chose là où ils se trouvent. »

Violaine Janssen
Violaine Janssen Relation donateurs et bienfaiteurs, responsable projets Contact