Parrainer les enfants de l’île de Wah Chaung, aux confins de la Birmanie
Le village compte une école primaire et un collège. Sans soutien, les enfants arrêtent l’école après la 3ème c’est pourquoi nous soutenons les familles grâce au parrainage.
Après le retour de mes enfants, partis un an comme « Bambous » au Cambodge, et à travers leur expérience, j’avais pu mesurer le sérieux, l’engagement et la réponse vitale apportée par l’action des Enfants du Mékong aux enfants pauvres de cette partie du monde.
Propos : Xavier de Rochegonde
Après le retour de mes enfants, partis un an comme « Bambous » au Cambodge, et à travers leur expérience, j’avais pu mesurer le sérieux, l’engagement et la réponse vitale apportée par l’action des Enfants du Mékong aux enfants pauvres de cette partie du monde.
A l’approche de la retraite, je me suis tourné vers l’association et désireux de donner enfin du temps aux autres après une vie familiale et professionnelle bien remplie, j’ai commencé par aider à la constitution des dossiers de parrainage d’enfants birmans, puis par traduire les échanges entre ceux-ci et leurs parrains.
J’ai découvert ainsi l’histoire de ces enfants, transcrit leurs lettres décrivant souvent avec retenue le poids de la guerre civile qui pèse sur leurs épaules et les empêche de rêver de l’avenir dans ce pays déchiré par les conflits depuis maintenant plus de cinq ans, sans espoir immédiat de paix. Mais j’ai aussi perçu ce que le parrainage leur apportait. Touchant du doigt cette terrible fragilité, j’ai saisi la chance qui m’a été offerte par EDM d’aller sur place, tout au moins dans les zones accessibles, avec un petit groupe emmené par Anne, responsable de la Birmanie pour l’association qui nous a éclairé de sa connaissance profonde du pays et des programmes soutenus, afin de confronter l’écrit au réel.
Dès mon arrivée à Yangon, j’ai été à nouveau envoûté par ce parfum d’Asie que j’aime tant. Mais très vite, je fus absorbé par la rencontre avec cette jeunesse birmane qui a donné un sens profond à notre présence, à notre action. Au fil des jours et des visites de différents programmes de parrainage, nous avons été bouleversés par la résilience de ces enfants, l’importance qu’il donnait à leurs parrains et marraines et à leur soutien, mais aussi par la résilience des Sœurs, des Pères et des laïcs qui les accompagnent.
Nous avons été reçus avec une générosité émouvante et désarmante : des repas préparés avec soin, des chants, des danses et de petits présents. Grâce à de multiples échanges avec les plus grands, j’ai pu vivre l’intensité de chaque accueil comme une réelle, profonde reconnaissance de leur part de l’action de tous les membres de l’association que nous tentions de représenter.


Et que dire de ceux qui consacrent leur vie, leur énergie à la protection et au développement de ces enfants ?
Simplement sans doute qu’en observant le regard que les enfants portent sur ceux qui les protègent, j’ai vu cette « force de vie » supplémentaire qu’ils s’efforcent de leur insuffler. Avec une infinie délicatesse, ils nous ont aussi fait comprendre le besoin de consolider notre aide face à l’afflux d’enfants déracinés, séparés de leurs familles par la situation politique, la peur de la conscription forcée ou plongés dans l’extrême pauvreté.
Durant ce voyage, représentant de l’association, je pensais n’exprimer que notre joie d’offrir un peu de la chance que nous avions eu enfants de bénéficier d’une éducation solide, j’ignorais que j’allais recevoir, en son nom, tant de reconnaissance.
Je suis donc reparti comme mes compagnons de voyage, convaincu qu’il nous faut plus que jamais continuer à leur fournir les moyens d’étudier, soutenir leurs éducateurs et plus conscient encore qu’au-delà du matériel, pour les plus grands, c’est aussi notre présence et notre correspondance qui les encouragent à ne pas tomber.
Nous devons les aider plus que jamais à entrevoir un avenir différent de ce présent si trouble, les convaincre de persévérer et que grâce à leur travail, à la poursuite de leur éducation, ils seront les bâtisseurs d’un avenir meilleur pour eux et leurs communautés.
Qu’ils sentent notre main sur leur épaule pour toujours les accompagner.
Le village compte une école primaire et un collège. Sans soutien, les enfants arrêtent l’école après la 3ème c’est pourquoi nous soutenons les familles grâce au parrainage.
L’objectif de ce programme de parrainage est de venir en aide à des enfants accueillis à l’internat de Kanmahgyi et venant de Kanan et de villages isolés en montagne dont les familles sont très pauvres ou des enfants orphelins, abandonnés.
En 2024, les villages de Monhla et Chanta Ywa se sont retrouvés au cœur de combats entre l’armée birmane et les forces opposées au gouvernement militaire. De nombreuses maisons ont été brulées dans les deux villages et les habitants ont été contraints de se déplacer en fonction des combats.