Soutien des écoles informelles en Birmanie en 2024-2025

Le projet en bref

Les classes informelles sont des initiatives locales menées par les communautés depuis le coup d’état de 2021 et la fermeture des écoles gouvernementales dans les zones non contrôlées par le gouvernement militaire. Elles sont à l’initiative de divers acteurs locaux et sont coordonnées au niveau national par la branche éducation de l’Eglise birmane (Commission Episcopale pour l’Education). C’est un acteur incontournable de l’éducation et un partenaire fiable avec qui Enfants du Mékong travaille depuis plusieurs années.

Ces écoles sont implantées dans tous les lieux où l’école publique ne peut plus fonctionner particulièrement dans les zones de guerre (Etat Kayah, Shan sud ; Etat Karen; Etat Chin principalement). Les cours sont données dans les camps déplacées : halls de paroisses, les foyers, chez l’habitant ou les bâtiments des écoles publiques laissées à l’abandon…

Les enseignants sont des anciens professeurs ayant démissionné depuis le coup d’état ou à la retraite, des étudiants en études supérieures formés pendant quelques mois ou encore des responsables d’internat. Ils sont payées entre 12, 5 et 25 €, soit 6 fois de moins qu’un salaire normal de professeur. Ils enseignent les matières académiques (langue birmane, mathématiques, histoire, etc…) et en complètement sont proposés des activités éducatives et d’accompagnement pour développer la résilience des jeunes face au traumatisme de la guerre. Les niveaux enseignés sont du primaire au lycée.

En plus de cela, des sessions de formation continue sont organisées pour les professeurs pour harmoniser le niveau d’enseignement au moment des vacances (octobre et mai) si les conditions de déplacement le permettent.

Les points forts du projet

Continuer d’instruire et d’éduquer les jeunes dans ces temps très instables et d’absence d’école publique dans de nombreuses zones

Protéger les plus âgés des recrutements forcés dans l’armée birmane ; ou leur éviter de s’enrôler dans la résistance armée et de perdre leur vie

Protéger les jeunes des divers fléaux liés au désœuvrement. Les premiers exposés sont les plus vulnérables : enfants de villages déplacés, sans repère, ayant fui la guerre

Donner à tous ces jeunes des raisons d’espérer, de croire en leur avenir et de vivre normalement

Déroulement du projet

Le projet a doublé en comparaison avec l’année précédente passant de 14 982 jeunes à 30 440 jeunes, de 1000 professeurs environs à 1923 professeurs et 235 lieux d’apprentissage.

La zone la plus représentée est le diocèse de Hakka dans les montagnes chin, au nord ouest du pays. Cela s’explique par le fait que la région entière est soustraite à l’autorité des militaires birmans (à l’exception des trois villes du pays Hakka et Kalay). Les écoles gouvernementales ne sont donc plus en activité et chaque communauté a monté sa propre structure. Par ailleurs la région des montagnes chin est enclavée ce qui  a démultiplié les initiatives car les regroupements de petits villages sont plus compliqués.

Le diocèse de Pekhon à l’est du pays est également très représenté avec ceux de Taunggo et Loikaw, qui couvrent une petite région en surface (état shan sud, nord karen et kayah) mais où les conflits sont violents et récurrents, entraînant des mouvements de populations qui s’installent dans des camps de déplacés où il n’y aucune infrastructure (santé, éducation). Ces écoles de fortune doivent être construites et financées pour qu’elles puissent tourner.

Les classes de primaire sont les plus représentées, puis le collège et enfin les jeunes scolarisés en lycée. A cet âge, beaucoup ont rejoint les groupes armés ou cherchent à travailler.

Les défis des classes informelles

  • Faire face à l’instabilité politique et à des risques sécuritaires. Le coup d’État militaire et le conflit en cours font peser des risques sur les initiatives éducatives (questions posées localement par les militaires, etc…)
  • Accès limité à Internet et obstacles technologiques : l’apprentissage en ligne n’est pas envisageable dans de nombreuses régions en raison de la mauvaise connexion Internet, des coûts élevés et du faible niveau de maîtrise des technologies numériques.
  • Fidélisation des enseignants : en raison de conditions de travail difficiles et de la loi sur le service militaire, les enseignants sont soumis à un stress important et souffrent d’épuisement professionnel. Ils ont besoin d’un soutien continu pour rester en poste.
  • Financement et ressources limités : le programme dépend des donateurs internationaux et un soutien financier continu est essentiel pour maintenir et étendre son impact.

Merci de tout cœur pour votre soutien !

Le projet a permis à plus de 30 000 enfants déplacés de poursuivre leur scolarité malgré les conflits et l’instabilité. Il a soutenu 1 923 enseignants grâce à des formations et une allocation mensuelle, facilitant leur engagement. La distribution de matériel scolaire a renforcé la participation des élèves, tandis que l’implication active des communautés locales a favorisé une dynamique collective autour de l’éducation.

La projet des classes informelles en Birmanie

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Violaine Janssen Relation donateurs et bienfaiteurs, responsable projets Contact