Soutien aux familles déplacées liées au conflit THAILANDE – CAMBODGE

Après quatre mois de calme relatif, le conflit entre le Cambodge et la Thaïlande a repris lundi 8 décembre, le long de la frontière disputée entre les deux pays. Depuis trois jours, des frappes aériennes, des tirs d’artillerie et des échanges de feu ont été signalés en une dizaine de points de la frontière, provoquant des déplacements importants de population aussi bien du côté cambodgien que thaïlandais. Malheureusement, des pertes humaines, civiles et militaires, sont à déplorer.

La situation du conflit 

Après plusieurs mois de tensions relatives, lundi 8 décembre 2025, la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge s’est de nouveau enflammée. Pour comprendre la gravité de la situation actuelle, il faut revenir brièvement aux événements qui ont précédé la reprise des combats

Le 26 octobre 2025, la Thaïlande et le Cambodge signaient un accord à Kuala Lumpur en Malaisie, présenté comme un accord de désescalade. Cependant :

  • L’accord ne comportait aucune obligation juridique,
  • Aucun mécanisme de sanction en cas de violation,
  • Et une présence insuffisante d’observateurs militaires de l’ASEAN était déployée sur les 800 km de frontière.

De nombreux analystes estimaient alors que le cessez-le-feu reposait sur des bases trop fragiles pour être durable.

Carte du conflit Cambodge Thailande
Carte du conflit Thaïlande – Cambodge

Les évènements qui ont provoqué l’explosion des tensions

Malgré la phase finale de désarmement prévue en novembre, les violences ont repris :

  • Le 10 novembre, l’explosion d’une mine a blessé 4 soldats thaïlandais.
  • Le 14 novembre : des échanges de tirs meurtriers près des postes frontaliers d’Aranyaprathet et Poipet, un axe commercial régional important.

Les deux pays s’accusent alors mutuellement d’être responsables de la pose de nouvelles mines. La Thaïlande a alors suspendu l’application du cessez-le-feu, considérant ne plus pouvoir respecter l’accord tant que ces accusations ne seraient pas clarifiées. Le Cambodge, pour sa part, a rejeté ces accusations, réaffirme son engagement à mettre en œuvre le mémorandum et appelle la Thaïlande à faire de même.

Conflit Thaïlande - CambodgeLes faiblesses structurelles du processus de paix

Plusieurs éléments ont contribué à la reprise des combats:

  • Un accord sans contrainte légale, vulnérable au moindre incident.
  • Un manque de moyens de l’ASEAN pour surveiller la frontière.
  • Un jeu géopolitique complexe, où :
    • les États-Unis ont joué un rôle moteur dans la signature de “l’accord” de Kuala Lumpur.
    • la Chine, principale fournisseuse d’armes aux deux pays, s’est faite discrète.

Conséquences humanitaires directes

Depuis le 8 décembre, il y a eu une reprise des affrontements. Elle a entraîné :

  • De nouveaux déplacements massifs de civils,
  • La fuite précipitée de familles vivant à proximité de la frontière,
  • La saturation de centres d’accueil,
  • Un risque pour les enfants, personnes âgées et familles vulnérables.

Cette situation rappelle celle de l’été dernier, où 172 094 civils avaient déjà été déplacés. Les familles arrivent sans nourriture, sans eau potable, sans abri, ce qui nécessite une réponse humanitaire rapide. Depuis le 9 décembre 2025 :

  • 37 115 familles évacuées soit 127 133 personnes sur les 5 provinces : Banteay Meanchey, Oddar Meanchey, Preah Vihear, Pursat, Battambang
  • Décès de 7 civils cambodgiens
  • Absence d’informations sur le nombre de soldats morts
  • 20 blessés graves

Une aide d'urgence

1. Fournir une aide matérielle immédiate

Fournir une aide matérielle immédiate

Les kits fournis lors de la crise précédente avaient fait leurs preuves. Chaque famille recevra :

  • 25 kg de riz,
  • Des pâtes et des conserves de poisson,
  • De l’eau potable,
  • Une moustiquaire,
  • Une bâche ou une tente en plastique,
  • Du savon et des produits d’hygiène,
  • Du lait sucré ou du lait infantile lorsque cela est nécessaire.

Ces kits couvrent 3 à 7 jours de besoins essentiels.

2. Assurer une logistique fiable

Comme cet été, Enfants du Mékong mobilisera :

  • La location de camions ou pick-ups pour transporter les vivres,
  • L’achat de carburant,
  • La coordination avec les autorités locales,
  • La sélection des zones prioritaires en fonction de l’arrivée des déplacés.

3. Soutenir moralement les familles

Notre présence sur le terrain permet :

  • D’écouter les familles,
  • D’aider à l’organisation des camps,
  • De repérer les situations les plus critiques (enfants seuls, malades, femmes enceintes),
  • De rétablir un minimum de sécurité psychologique.

Pourquoi Enfants du Mékong intervient ?

  • Enfants du Mékong est présent sur le terrain depuis plus de 60 ans. Lors de la crise de juillet–août 2025, nos équipes ont pu aider 1 887 familles, soit plus de 5 300 personnes, dans les provinces les plus touchées : Banteay Meanchey, Oddar Meanchey, Preah Vihear et Pursat.
  • Les distributions ont été menées avec transparence et coordination avec les autorités locales, les familles recevaient des kits complets leur permettant de survivre plusieurs jours.
  • Enfants du Mékong a su atteindre des zones difficiles d’accès, y compris des villages frontaliers isolés. Cette expérience vécue, documentée et réussie nous permet aujourd’hui de réagir immédiatement et en connaissance de cause face à cette nouvelle situation de crise.

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Violaine Janssen
Violaine Janssen Relation donateurs et bienfaiteurs, responsable projets Contact