Coincé entre l’Indonésie et l’Australie, le Timor Oriental fait face à de grands défis économiques et sociaux. Ancienne colonie portugaise, puis occupé par l’Indonésie pendant 25 ans dans un conflit qui fit plus de 200 000 morts, il n’a obtenu sa pleine indépendance qu’en 2002. Avec seulement 1,3 million d’habitants et une économie fragile, le pays peine encore à se développer : peu de biens sont produits localement, même le riz est importé. Cinquante pour cent de la population a moins de 22 ans.
L’éducation reste un défi majeur : bien que théoriquement obligatoire jusqu’à 14 ans, environ 20 % des enfants ne sont pas scolarisés, notamment dans les zones rurales et montagneuses. Les familles rurales, dont les revenus dépendent quasi exclusivement de leurs champs, peinent à saisir l’importance de scolariser leurs enfants, qui représentent une main-d’œuvre précieuse pour les familles.
Samé, petite ville montagneuse du district de Manufahi, au sud du pays, est entourée de villages isolés, accessibles parfois uniquement à pied.
C’est dans ce contexte que Mana Mimi, jeune professeur, a créé en 2022 le Mother Mary Home Care Center, qui accueille des enfants issus de la grande pauvreté rurale ou de contextes familiaux difficiles, pour leur offrir un accès à une bonne éducation et un cadre de vie sain. Le centre est situé à Samé. La plupart des enfants viennent de villages alentour. Certains sont orphelins, d’autres viennent de familles très nombreuses où les parents ne peuvent subvenir aux besoins de tous leurs enfants. D’autres encore ont été rejetés après un remariage. Mana Mimi accueille chaque année de nouveaux enfants. À la rentrée 2026, 9 nouveaux enfants ont rejoint le centre, où vivent désormais 29 enfants et adolescents, entre 7 et 15 ans.