Contexte et besoin
L’état Shan est en guerre depuis plusieurs années contre la junte. Mais depuis 2025, différentes factions armées de l’état se combattent entre eux. Les rafles dans les villages, les pillages, les viols et les recrutements forcés sont aujourd’hui monnaie courante. Cette guerre interne a entrainé une nouvelle vague migratoire vers la Thaïlande voisine.
A Lak Taeng, à quelques mètres à peine de la frontière, côté thaï, un birman a monté une petite école informelle pour accueillir les enfants fuyant la guerre. L’objectif : leur apprendre les bases du thaï, mais aussi leur offrir un lieu de paix et de ressourcement.
La violence des combats a provoqué une fuite massive, et le nombre d’élèves de l’école est passé de 180 à 278 en 18 mois. L’école est aujourd’hui au maximum de ses capacités. Mais son directeur, Kru Chang, conscient des épreuves et drames qu’ont vécues les familles, fait tout son possible pour accueillir un maximum d’élèves. Dans l’urgence, la librairie a été transformée en salle de classe. La cantine aussi. Et le local de rangement également.
En conséquence de cet accueil sans condition, les classes sont très chargées. Les élèves étudient au milieu des casseroles et poêles de la cantine, des étagères de bibliothèques ou entre les cartons. Du matériel est parfois entreposé à l’extérieur, et s’abime rapidement.