Au Cambodge, la scolarisation fait face à de nombreuses difficultés. Dans les campagnes, la vie est particulièrement rude et le besoin de main-d’œuvre est important pour faire vivre la famille. Les enfants sont souvent sollicités pour travailler dans les champs ou aider aux tâches quotidiennes. Il est donc parfois difficile de convaincre les parents de l’importance de l’école, et de les encourager à laisser leurs enfants poursuivre leur scolarité plutôt que de contribuer immédiatement aux revenus familiaux.
Dans les régions les plus reculées, l’accès à l’école constitue un autre obstacle majeur. Les établissements sont parfois situés à plusieurs kilomètres des habitations. Les élèves doivent alors marcher de longues heures chaque jour ou emprunter des moyens de transport coûteux, ce qui décourage certaines familles.
Par ailleurs, les grandes vacances durent entre deux et trois mois, ce qui réduit significativement le temps d’apprentissage sur l’année et peut entraîner des pertes de niveau, notamment chez les élèves les plus fragiles.
Enfin, les enseignants, souvent mal rémunérés, dispensent un enseignement basique, principalement fondé sur la répétition plutôt que sur la réflexion et l’esprit critique. Pour compléter leur salaire, ils proposent fréquemment des cours privés payants. Ces cours supplémentaires deviennent presque indispensables pour réussir, mais leur coût les rend inaccessibles à de nombreuses familles, accentuant ainsi les inégalités scolaires.