Le coup d’état militaire met fin à 10 ans d’ouverture du pays et de développement économique et social. Pour rappel la Birmanie était déjà sous le joug militaire en 2010, après les coups d’état successifs de 1962 et 1990. L’immense majorité des birmans s’oppose à cette reprise du pouvoir par un mouvement de grève généralisée (45% des fonctionnaires, médecins, professeurs démissionnent) et des manifestations. La répression se durcit au bout de quelques mois. Depuis l’été 2021 le pays entre en guerre civile. Celle-ci opposes des groupes armés de différentes ethnies du pays aux militaires.
Les régions les plus touchées par ce conflit se situent au centre (Etat Kayah et division de Sagaing), à l’ouest (Etat Chin) et au sud (Etat karen). Le conflit a entraîné près de 3500 morts selon le gouvernement (chiffre sous-estimé) et près de 2,6 millions de déplacés internes fuyant dans la forêt ou dans des camps de fortune, sans eau, nourriture, ni commodités. L’escalade de la violence est inexorable. La Birmanie est désormais coupée en deux : la zone toujours contrôlée par les militaires, et les zones contrôlées par les armées ethniques et la population civile ayant pris les armes.