Point sur la situation post séisme en Birmanie

Le 28 mars dernier la Birmanie était frappée par un séisme d’amplitude inégalé depuis un siècle (7,7 sur l’échelle de Richter), touchant surtout la zone centrale du pays selon un axe nord sud. Il a détruit ou fragilisé bon nombre d’immeubles d’habitation dans l’agglomération de Mandalay notamment. Plus de 35% des bâtiments de cette ville a été touché ; certains quartiers ont été totalement détruits suite à des explosions après effondrement des bâtiments. Les habitants se sont retrouvés dans la rue, ne pouvant retourner dans leurs logements : ils avaient besoin d’eau, de nourriture et d’abris temporaires pour se loger sur les trottoirs, les stades ou tout autre espace libre. Le danger d’effondrement était d’autant plus présent qu’il y a eu plus de 200 secousses plus ou moins fortes fragilisant encore plus les bâtiments jusqu’à plusieurs semaines après le 28 mars. Des responsables de programmes nous ont sollicité pour de la distribution d’aide alimentaire et d’eau potable mais également pour du matériel électrique autonome (panneaux solaires) ; l’électricité était en effet nécessaire pour pomper l’eau et avoir de la lumière la nuit dehors et être ainsi en sécurité.

Aujourd’hui encore 25% des personnes vivent dans la rue dans des abris temporaires ne pouvant pas retourner dans leurs logements et n’ayant pas pu quitter la ville pour aller vivre ailleurs. Le travail d’évaluation des bâtiments, de destruction puis de reconstruction va prendre beaucoup de temps et les autorités auront du mal à mener ce travail, tout comme elles n’ont pas su réellement gérer les actions de sauvetage et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire. Les autorités militaires ont voulu que les secours et le travail de rénovation/construction soit concentré sur Nay Pi Daw, la capitale, qui a été largement touchée également, bien que cela ait été passé sous silence. Le séisme a d’ailleurs été baptisé « séisme de Mandalay » pour détourner l’attention de la capitale. Le travail des humanitaires et des organisations internationales a été entravé par des difficultés de communication et de connexion, de transport et d’autorisation administrative non fournie. Par ailleurs malgré la déclaration d’un cessez-le-feu réciproque, les militaires ont poursuivi leurs bombardements notamment dans la zone touchée par le séisme et les opposants leurs actions de résistance.

Les conséquences de cette catastrophe s’ajoutent aux difficultés déjà présentes = inflation des prix, difficultés quotidiennes pour vivre (20 millions de personnes au total dans le pays soit 35% de la population sont en besoin d’aide humanitaire), nombre de déplacées internes risquant d’atteindre les 4 millions à la fin de l’année 2025. Ce séisme survient dans un contexte de peur, de méfiance et de difficultés multiples à cause des affrontements civils. On peut dire que les birmans n’avaient pas besoin de cette catastrophe naturelle, considérée dans la tradition populaire bouddhiste comme la manifestation de la colère des esprits. Néanmoins un grand élan de générosité de certaines classes aisées, à l’intérieur du pays a vu le jour pour soutenir les communautés dans le besoin.

Enfants du Mékong a pu agir à sa manière – c’est-à-dire de façon ciblée, rapide et en s’appuyant sur son réseau local – et répondre à certaines demandes. 14 000 personnes environ ont été aidées à hauteur de 163 485 € grâce à une caisse d’urgence alimentée par de très nombreux donateurs particuliers.

Qu’ils soient chaleureusement remerciés pour leur mobilisation et leur générosité !