Éduquer pour mieux soigner

 

Les Nations unies ont défini des indicateurs permettant de caractériser le niveau de pauvreté d’un pays. Parmi eux figure l’accès aux soins. Pour les populations que nous côtoyons dans nos sept pays d’action la santé est un luxe. Ces pays du Sud doivent affronter des conditions climatiques particulières, favorisant les maladies transmises par les moustiques (paludisme, dengue…), des cataclysmes naturels (typhons, inondations) pourvoyeurs d’épidémies, l’absence d’eau potable entraînant des maladies parasitaires.

Les Philippines cumulent d’autres obstacles que sont le contexte géographique (7000 îles) et la démographie galopante. Les plus pauvres sont contraints de vendre le buffle qu’ils possèdent ou leur maison, voire de s’endetter lourdement pour pouvoir se soigner. Les problèmes de santé sont une des causes de migration vers les villes et les bidonvilles. Le combat de notre association est celui de l’accès à l’éducation, mais nous nous rendons compte que les causes à l’origine de la pauvreté s’intriquent. Un enfant malnutri attrapera la tuberculose et n’ira plus en cours.

Voilà pourquoi nous développons des projets sanitaires en compléments des parrainages : caisse de solidarité pour prendre en charge les maladies graves de nos filleuls ou de leurs familles, programmes d’éducation sanitaire lors de la distribution des parrainages dans nos centres et foyers, distributions systématiques d’antiparasitaires et de compléments alimentaires. Plus nous avançons, plus nous constatons que la tâche est immense car nous nous confrontons aux croyances locales qui sont un obstacle de plus à l’accès aux soins. Là encore, seule l’éducation délivrée aux jeunes générations pourra faire évoluer les mentalités.

Très bon été à tous !

Docteur Christine Lortholary-Nguyen
Présidente d’Enfants du Mékong