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Un exemple parmi nos 94 programmes de parrainage aux Philippines

Sortir des bidonvilles de Manille

Contexte

Aujourd’hui, la métropole de Manille est une gigantesque ville de béton, très occidentalisée qui regroupe 17 municipalités. La « Metro », comme on l’appelle familièrement, est la porte d’entrée des Philippines. Avec plus de 17 millions d’habitants, la ville ne cesse de s’agrandir. Manille est l’une des villes les plus étendues au monde, elle couvre une superficie de plus de 650 km2 ! Une fourmilière humaine s’agite en tous sens, le bruit est assourdissant, les embouteillages interminables et partout, les trottoirs débordent de saleté tandis que la pollution est omniprésente.

Pendant la saison des pluies, la ville souffre de l’état des chaussées, de son obsolète système d’égouts et des coupures d’électricité. La ville est très vulnérable aux cataclysmes sismiques ou climatiques. Ses rues étant en dessous du niveau de la mer et sa plaine étant exposées aux pluies torrentielles, la ville est souvent inondée. La rivière Pasig qui la traverse accentue le phénomène.

La communauté de Tuberias est située dans le quartier de San Juan, au cœur de la capitale. Les barangay Batis et San Perfecto sont délimités par une allée, longue de 500 mètres et large d’un à trois mètres, connue sous le nom de « Daang Tubo » qui signifie « tuyau » en Tagalog à cause des deux canalisations sous-terraines qui la longent. On appelle « Tuberias » la communauté de squatteurs qui habitent cette allée. Le terrain n’appartient plus au gouvernement depuis que celui-ci l’a vendu à un organisme privé des eaux de Manille.

Ce quartier s’est développé dans les années 70, lorsque les provinciaux ont migré massivement vers Manille pour répondre à la demande de main d’œuvre. Les origines des habitants de Tuberias sont donc très diverses : selon le dernier recensement, seulement 40% seraient originaires de la région, 35% viendraient des Visayas, 15% du Sud de Luzon, 3% de Mindanao et 7% d’autres régions des Philippines. Cette hétérogénéité explique de l’absence d’un réel esprit de communauté à Tuberias.

Ici, les hommes se donnent régulièrement rendez-vous pour des parties de cartes et profitent de l’occasion pour vider des bouteilles de gin… Les enfants voient donc régulièrement leurs parents saouls. Le problème de la drogue est aussi une dure réalité du quartier ; des pères de famille, souvent sans emploi, réussissent à s’en procurer sans grande difficulté, ou même parfois tirent profit de ce trafic. Et tout cela ne contribue pas à réduire le problème des violences conjugales…

Ce quartier est exploité par des compagnies privées d’eau : une famille normale paye souvent 1000php pour ses dépenses mensuelles d’eau (à Parkwood, on ne paye que 100php…). Les habitants concernés se sont plaints à plusieurs reprises mais on leur a répondu que comme ils avaient profité plusieurs années de ces services sans payer, ils devaient maintenant débourser plus pour rembourser la différence.

Pour faire face à ces problèmes, les habitants ont recours au prêt. Comme les banques le leur refusent, ils font appel à ceux qu’ils appellent les « bombays », des indiens fortunés qui ont développé un petit business dans les bidonvilles de San Juan: ils offrent gracieusement des prêts illégaux à 20% d’intérêt puis font pression sur les familles qui ne remboursent pas à temps.

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Situation et profil des familles aidées :



La plupart des familles de Tuberias gagnent un salaire mensuel inférieur à 7 000php (110€) qui est en général insuffisant pour subvenir à leurs besoins de base. Beaucoup d’hommes sont engagés en tant que conducteurs de tricycle, taxi ou jeepney, d’autres sont ouvriers dans la construction. Certains cumulent plusieurs emplois car ils n’obtiennent souvent qu’un travail à temps partiel. Leurs femmes restent généralement à la maison pour s’occuper de leurs enfants. Celles qui travaillent lavent le linge de leurs voisins, sont vendeuses de rue, ou tiennent un petit sari-sari sur le pas de leur porte. Le taux de chômage s’élève à 30% (chiffre difficile à évaluer car les emplois de ces familles sont irréguliers).

La population de Tuberias augmente très sensiblement depuis quelques années et la surpopulation devient un réel problème, d’autant plus qu’il n’y a quasiment pas d’installations sanitaires. Les habitants jettent directement leurs déchets dans les caniveaux ce qui a pour effet de boucher les canalisations et de provoquer fréquemment des inondations. Comme il n’y a plus de place le long de l’allée, les nouveaux habitants construisent en hauteur, ajoutant souvent un troisième ou quatrième étage; rendant la petite ruelle très sombre à toute heure de la journée. La plupart des maisons sont faites de ciment et de bois. Seules quelques familles ont accès légalement à l’électricité. Les multiples branchements illégaux effectués ont été la cause de l’incendie de Décembre 2007. Beaucoup s’arrangent pour partager les factures d’électricité en se branchant sur le même compteur. Beaucoup d’enfants n’ont plus de parents, car abandonnés et confiés à un membre de la famille… Le nombre d’enfant varie entre 4 à 6 par famille. La communauté de Tuberias est à 91% catholique.

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Utilisation du parrainage

Le parrainage est utilisé pour payer les frais d’inscription, le matériel scolaire, les livres, les uniformes, chaussures et les transports si nécessaire. La plupart des enfants se rendent à l’école à pied. Il peut servir aussi à donner des compléments de nourriture ou des médicaments pour les familles qui en auraient besoin ; ou encore d’aider d’autres enfants en difficultés non parrainés. Une caisse de solidarité sera créée à cet effet.

Des réunions régulières avec nos filleuls sont organisées à la sortie des classes. Ces réunions permettent de suivre les enfants scolairement, mais aussi de leur distribuer leurs fournitures si besoin et de rembourser leurs projets.

L’argent n’est pas donné en main propre aux familles, mais utilisé par notre responsable locale afin de payer leurs différentes dépenses pour leur scolarité. Le parrainage leur donne donc l’occasion de poursuivre leurs études et de s’assurer d’un avenir meilleur.

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La scolarisation des enfants est le seul moyen de leur assurer un avenir meilleur. Nous vous remercions sincèrement de donner à ces enfants la possibilité d’aller à l’école grâce au parrainage.

 

 

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