Travailler dur en vaut la peine | Enfants du Mekong

Travailler dur en vaut la peine

Sinet, pharmacien à Phnom Penh

« Je m’appelle Sinet, j’ai 22 ans et je termine mes études en pharmacie à Phnom Penh. Quand j’étais petit, mes parents me disaient souvent qu’ils n’avaient pas d’argent ni de terrain à me donner et que ma seule chance était l’éducation.

L’école était loin de la maison et la route était mauvaise, c’était interminable : l’été, il y avait plein de poussière et pendant la saison des pluies, plein de boue.

J’avais envie de crier ma colère contre cette vie misérable. Je n’avais pas d’argent pour la cantine et même à la maison, nous devions nous contenter de soupe de riz avec quelques légumes, les rats nous servaient de viande.

Je me suis accroché, je n’ai jamais baissé les bras. J’ai décroché la bourse EdM pour les études supérieures à Phnom Penh (…).

J’habite maintenant dans un foyer avec d’autres étudiants. Le plus dur à vrai dire a été l’ambiance à l’université car la majorité des étudiants en pharmacie sont riches. Presque tous mes amis utilisent un iPhone et parfois je les envie. De même, ils ont tous une moto et j’enrage sur mon pauvre vélo EdM. Franchement, je suis parfois gêné mais chaque fois ma conscience me rappelle que beaucoup de gens dans la rue n’ont pas même un vélo, pas même de quoi manger. Dans ces moments là, je me rappelle d’où je viens.

En fait, je suis très chanceux. Même si je ne possède pas encore de moto ni d’iPhone, j’ai une chose qui coûte des millions de fois plus cher : l’éducation.

Grâce au parrainage d’Enfants du Mékong, j’ai un bon logement. Je peux suivre des cours à l’université sans avoir peur de ne pas manger. Et en plus du logement, de la nourriture et du parrainage, Enfants du Mékong continue de nous donner des cours supplémentaires en français, anglais et informatique. Bien plus encore, nous participons aux parcours de formation humaine et formation à la vie professionnelle. Ce sont des formations importantes dont j’ai besoin pour me construire une vie meilleure et accéder au bonheur.

Je voudrais exprimer ma gratitude à mes parents et mon frère qui m’ont toujours offert la chaleur d’un foyer aimant ; à tous mes professeurs qui m’ont donné le goût d’apprendre ; à Enfants du Mékong qui m’aide à voir des lumières dans mon avenir ; à tous les Français qui font fonctionner cette organisation humanitaire et particulièrement, les équipes et les bambous qui consacrent leur temps chaque année pour nous aider.

Ce que je veux dire aux autres personnes qui ont des difficultés dans leur vie est « travailler dur en vaut la peine ».