"L’école, c’est un lieu où je me sens en sécurité." | Enfants du Mekong

"L’école, c’est un lieu où je me sens en sécurité."

Panada, Thaïlande

L’école, c’est un lieu où je me sens en sécurité. Nous avons des professeurs qui sont sévères mais qui sont là pour nous apprendre des choses importantes. Ma mère est caissière et gagne difficilement de quoi payer les 3000 bahts mensuels (75 €) de notre loyer. Mon père est en prison. Il vendait de la drogue. Il y est depuis trois ou quatre ans, je ne sais plus. Je sais que ce n’est pas bien.

La drogue et l’alcool, il y en a partout ici, au cœur du bidonville. Le soir, les gens sont saouls ou bien totalement défoncés. Il y a beaucoup de bruit. C’est effrayant. J’ai peur, c’est vrai. Mais c’est ici que nous vivons. Notre mère ne veut pas que nous sortions seules le soir. Mais il faut bien rentrer du travail pour ma grande sœur qui travaille après l’école jusqu’à 22 h, ou aller chercher de l’eau. À l’école, c’est agréable, je n’ai pas peur. J’apprends et je rêve de ce que je pourrais faire demain. J’aimerais être designer. Travailler pour ces grandes compagnies qui font de jolies publicités sur les grandes affiches qu’on voit quand on se dirige vers le cœur de Bangkok. Mais je sais qu’il faut de l’argent pour suivre de telles études. Cela semble compliqué. J’hésite encore. Je sais aussi que ma condition de pauvre vivant dans un bidonville sera un obstacle supplémentaire.

Pour le moment, je me contente de bien travailler à l’école, et avec l’argent que je reçois de mon parrain depuis six ans, je vais acheter les fournitures scolaires pour ma petite sœur, payer une partie des frais de scolarité pour ma grande sœur qui souhaite aller au lycée pour poursuivre ses études et devenir comptable et enfin un uniforme pour moi. J’ai 13 ans, et encore le temps de bâtir mes rêves.