Je parraine, tu parraines... le blog d'Enfants du Mékong ONG de parrainage

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jeudi 18 mars 2010

Mémoire de Chine


Xinran.jpg Parce que « la perception que les gens ont de la Chine est très embryonnaire, proche de celle du nouveau-né, limité au sein de sa mère », Xinran a voulu rencontrer ceux qui ont fait la Chine d’aujourd’hui. Entre villes et campagnes, elle s’est assise dans des maisons de thé, dans des cabanes branlantes ou des hôtels ultramodernes et, très simplement, elle s’est contentée d’écouter ce qu’avaient à dire les représentants d’une génération qui ne s’était jamais exprimée auparavant.

À ces victimes d’un système inique à l’absurdité maintes fois démontrée, à ces artisans, à ces pionniers de la recherche pétrolière chinoise, à ces policiers, à ces chauffeurs de taxi ou à ce survivant de la Longue Marche, elle a demandé ce que furent leur vie, leurs joies et leurs espoirs. « Je veux savoir comment votre génération vivait dans sa vie quotidienne, ces gens qui ont consacré leur vie à la patrie, obéissant au Parti au doigt et à l’œil, » dit-elle à l’un d’entre eux.

Merveilleuse de didactisme et obsédée par l’idée de comprendre et de faire comprendre, elle dresse le portrait d’un pays énigmatique qui « tout au long des cent dernières années (aura) hésité entre affirmation et déni de soi ». Au cœur de ce livre, l’idée de transmission paraît donc un puissant moteur qui exprime tour à tour les espoirs et les amertumes d’une génération qui voit celle qu’elle a engendrée la juger avec une sévérité parfois injustifiée. « Leur loyauté était stupide », « Ils étaient à la fois ignares et naïfs », disent ainsi les jeunes chinois de leurs parents et de leurs grands-parents... Ces ignares, ces naïfs, forment pourtant la toile d’une comédie humaine magistrale qui n’a rien à envier à la fiction.

Pour résumer, si Mémoire de Chine est une histoire – celle d’un pays, celle de ceux qui l’ont fait – elle s’écrit en lettres capitales et se lit comme un roman. Qu’on pardonne alors ce truisme, mais Xinran en démontre la logique avec un tel brio qu’il serait regrettable de l’écarter : la Chine est un roman… un roman passionnant, à découvrir au plus vite.


Mémoire de Chine

Xinran

Éd. Philippe Picquier, 668 p., 23,50 €

vendredi 12 mars 2010

Guillaume, un parrain qui court et fait courir

Guillaume Mariau aime la course à pied. Motivé par l'action d'Enfants du Mékong, il a proposé d'allier l'ONG et sa passion, à l'occasion du Défi du Mékong/20 km de Paris. Ce sera le grand événement du mois d'octobre en région parisienne. Portrait.

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mardi 02 mars 2010

Envie de changements, de rencontres, de fous rires, de partage, d’aventure ?

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En année de césure, en congé sabbatique, ou en fin d’études, ils sont chaque année 36 volontaires de Solidarité Internationale à partir en Asie du Sud-Est pour vivre une aventure extraordinaire, donnée au service des populations les plus pauvres. Ils sont professeurs des écoles, ingénieurs, maître d’hôtel, consultants, éducateurs… et ont en commun le projet de mettre leurs compétences au service des enfants. Abandonnant un temps un cursus universitaire, ou une situation professionnelle parfois installée, ils ont à cœur de donner un autre sens à leur quotidien, d’ancrer leur action dans une relation à l’autre qui se veut simple, humble et bienveillante. Ils deviennent ainsi pour un an coordinateurs de programmes de parrainage ou de projets, animateurs ou responsables de foyer. Laetitia et Augustin Poncelet, coordinateurs de programmes et animateurs à leurs heures, sont en mission depuis l’été 2009 dans le village de Ompaï au nord de la Thaïlande…

Envie de changements, de rencontres, de fous rires, de partage, d’aventure ?

Après avoir travaillé en Marketing pendant plusieurs années, nous voilà devenus Bambous ! Pas mal de changements et surtout du dépaysement ! Plus de RER, plus de stress mais place aux sourires et rires des enfants ! Engagés pour un an, nous voici depuis 6 mois dans l’école d’Om Paï (dans le Nord de la Thaïlande) où nous donnons, entre autre, des cours d’anglais aux enfants et assurons l’animation pendant leur temps libre, notamment le week-end où ils sont livrés à eux-mêmes… Et là c’est parti ! Plus de tableaux Excel, de chiffres, de packagings, de taux à calculer, mais des cours, des activités et des jeux à trouver ! Dessins, crêpes, tournois de pétanque, colliers de perles, origamis… place à l’imagination et à la créativité pour divertir au mieux tous ces bouts de chou !

Mariés depuis deux ans, nous sommes très heureux de partager cette nouvelle aventure ensemble ! Nous découvrons l’un et l’autre des traits de caractère que nous n’avions pas encore bien perçus chez l’autre, notamment dans la relation avec les enfants, l’adaptation à une nouvelle culture, un nouveau pays… Bref pleins de surprises qui rendent cette année magique ! Et quelle expérience de donner une année de sa vie en couple pour tous ces petits bouts de chou ! Une année où nous avons vraiment l’impression de recevoir beaucoup plus que ce que nous apportons grâce aux sourires et fous rire des enfants, à leur gentillesse, leur attention et leur amour ! Alors, si l’aventure EDM vous tente, N’hésitez plus…devenez Bambous !!!

Kruu Tin (professeur Tin) et Kruu Leti (professeur Leti) »

Candidatures à adresser avant le 31 mars à Stéphane Saunier ssaunier@enfantsdumekong.com (dossier de candidature téléchargeable ici + CV+ Lettre de motivation)

vendredi 26 février 2010

Youphil.com, une voix pour l'engagement

n710621820_881259_9460.jpg Depuis plus d'un an, le site d'information en ligne Youphil.com relaie les informations développées par EdM Magazine, interroge régulièrement nos membres et n'hésites pas à nous donner la parole sur les questions qui font débat. Un partenariat gagnant-gagnant dont nous ne pouvons que saluer la mise en place et espérer la pérennité dans le temps.

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Ces Birmans de Thaïlande - EDM Magazine n°161

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lundi 15 février 2010

Le bonheur de recevoir une lettre de France

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Responsable des programmes de parrainage Enfants du Mékong en Birmanie, Anne Monmonton s’est rendue en novembre dernier à Pathein, dans le delta de l’Irrawaddy afin d’y rencontrer les différents partenaires locaux d’Enfants du Mékong et de découvrir l’environnement dans lequel évoluent nos filleuls.

Par Anne Monmotton

Pathein est une grosse ville de plus de 17 000 habitants, capitale de la « Division de l’Irrawaddy », le fameux fleuve qui traverse la Birmanie du nord au sud et irrigue au passage toutes les terres qu’il traverse. Arrivé dans le delta, il se divise en milliers de petits cours d’eau favorables à la pêche. Très peuplée, la région a été très fortement touchée par le cyclone Nargis en mai 2008. Je n’ai pas pu me rendre dans les lieux reculés du delta – par manque de temps et parce que cette zone est soumise à l’obtention de multiples autorisations – mais les traces du drame y sont encore bien visibles. La vie a cependant bien repris, les familles se sont remises au travail avec courage et persévérance même si certaines ont tout perdu.

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vendredi 29 janvier 2010

Génération solidaire : réinventons entreprenons

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Étudiants, jeunes professionnels, venez rencontrer Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, et de nombreux acteurs engagés dans l’invention d’un modèle économique et social plus solidaire. Une opportunité unique de s’informer, d’échanger, de trouver l’inspiration et les clés pour agir.


Quand : Jeudi 4 février de 17h30 à 21h00
 : au Grand Rex - 1, boulevard Poissonnière, Paris 2e
Comment s'inscrire : en remplissant ce formulaire en ligne (code d'invitation "Rencontres" réservé à 40 contacts Enfants du Mékong).

Le Pr. Muhammad Yunus , fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix 2006, sera à Paris début février (il participera au Salon de l’Entrepreneur notamment). Pour la fin de sa visite, il souhaite engager des discussions actives avec des étudiants et jeunes professionnels : partager et se mettre en action sur les changements que nous voulons voir dans le monde. Une grande soirée est proposée le 4 février sur le thème : « Génération Solidaire : réinventons, entreprenons ! ».

Avec lui, Martin Hirsch (Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté) et Franck Riboud (Président du Groupe Danone) et quelques autres personnalités, répondront aux questions d’une salle de près de 3000 personnes !

Le programme :
18h00-19h00 La solidarité, quelle solidarité ?
19h00-19h45 Réinventons !
19h45-20h30 Entreprenons !

mardi 26 janvier 2010

Quand un parrain rencontre son filleul

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Volontaire Bambou en charge de la coordination de programmes de parrainage dans la région de Butuan, au sud des Philippines, Marion Isoard (en photo ci-dessus) accueille régulièrement des parrains d'Enfants du Mékong venus visiter leurs filleuls. Rien d'exhaustif dans ce billet qui ne se veut surtout pas un "visiter votre filleul, mode d'emploi", mais des clins d'œils, des sourires et des petites anecdotes qui témoignent surtout de l'incroyable mentalité philippine.

Il y a d'abord une drôle de sensation de la part du parrain, qui se demande ce qu'il va pouvoir dire à cet enfant qu'il ne connaît pas encore bien, qu'il n'a jamais vu, qui ne parle pas sa langue, et qu'on lui a dit si timide!

Il y a la curiosité du filleul lorsque je lui annonce quelques semaines auparavant que son "benefactor" va lui rendre visite. Puis peu à peu la curiosité se transforme en stress, puis en impatience!

Il y a la fierté du responsable du programme, qui sera un des rares à accueillir un parrain en visite!

Il y a le petit stress du Bambou qui espère que le filleul arrivera à sortir quelques mots, que le parrain ne sera pas déçu de ne pas avoir de vraies discussions avec son filleul, et de ne pas pouvoir vraiment le serrer dans ses bras comme un enfant français.

Il y a les longues minutes que le filleul a passé à se demander quels sont les plus beaux vêtements qu'il pourra porter! ...

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jeudi 21 janvier 2010

Thakhek, une ville à reculons

À 340 kilomètres au sud de Vientiane, Thakhek est une petite ville calme où le temps passe au ralenti. Rien ne s’y passe en apparence. Vérifications.
Chronique d'Asie - EdM n°158 - Texte & photos Jean-Matthieu Gautier

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mardi 29 décembre 2009

Anne-Madeleine, Bambou de choc


Volontaire Bambou en charge de l'animation du foyer des jeunes étudiants de Phnom Penh, Anne-Madeleine Rémusat était initialement partie pour une mission de volontariat d'un an au Vietnam en tant que coordinatrice de programme de parrainage. Cela fait maintenant trois ans qu'elle se trouve en Asie pour Enfants du Mékong. Dans une précédente note, Anne Madeleine nous avait décrit par le menu comment s'effectuait la sélection des étudiants du foyer EdM de Phnom Penh, elle nous explique ici les raisons qui l'ont amenée à repartir pour cette troisième année et sa mission au foyer des étudiants de Phnom Penh.


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mardi 22 décembre 2009

8 janvier, save the date


La Compagnie du pamplemousse présente son nouveau spectacle adapté du roman de Théophile Gautier, Le capitaine Fracasse.
Fondée en 1992, la Compagnie du Pamplemousse reverse ses droits d'entrée à un certain nombre d'associations parmi lesquelles, Enfants du Mékong, le 8 janvier 2010. Cliquez ici pour en savoir plus et réserver vos places.


Théâtre Saint Léon
11, place du Cardinal Amette
Paris 15ème
8 janvier 2010 à 20h15

lundi 21 décembre 2009

Mme Sim, Responsable de programme à Paksane

Par Alice et Christophe Jeux, Volontaires Bambous au Laos

Sim.jpgMme Sim est laotienne et habite Paksane depuis toujours. Lors de sa formation d’oblate, elle est partie quelques années au Canada où elle a appris le français. Sa famille est assez aisée par rapport au niveau de vie lao mais elle a fait le choix d’aider les autres et de devenir oblate. A Paksane, tout le monde la connait et vient lui demander de l’aide en cas de besoin.

Depuis quelques années, elle a de fortes crises d’asthme et est atteinte par la maladie de Parkinson. Elle appréhende désormais les routes poussiéreuses et les changements de températures brutaux. Parfois elle fait le choix de ne pas se déplacer autant qu’avant pour préserver sa santé. Par exemple, lors de ma dernière visite, elle a décliné l’invitation à un baci* à Phonsay Thai (50 km de chez elle), ce qui lui a valu de nombreux coups de téléphone la suppliant de venir.

Mais son engagement auprès des plus pauvres ne s’en ressent pas. Avec l’aide d’EDM, elle s’occupe d’un foyer de filles ainsi que d’autres jeunes de Paksane et des environs, tous trop pauvres pour aller à l’école sans aide. Malgré ses difficultés, elle guide toujours les filles dans leurs études, parle un français académique et reste une responsable de programme très consciencieuse à l’écoute des besoins des habitants. Elle a encore présenté 8 nouveaux candidats « filleuls » depuis septembre dernier dont un étudiant. Grâce au comité de traduction de Vientiane, les filleuls du programme continuent à envoyer des lettres traduites en français.
Khop tjay kun me thao (Merci Grand-Mère!)

  • Le baci est une cérémonie rituelle laotienne pour célébrer différents événements.

vendredi 18 décembre 2009

Noël une période privilégiée pour partager…


Gabriel Lefèvre, vous êtes marié, père de 5 enfants et fondateur de Rejoyce, une agence événementielle et artistique qui propose pour cette fin d’année 2009 un nouveau produit partage au bénéfice d’EdM avec les cartes cadeaux EdM/Joymusic.

Pourquoi avez-vous souhaité ce rapprochement avec Enfant du Mékong ?

Je connais EdM depuis longtemps, nous avons déjà organisé des événements ensemble et cela s’est toujours très bien passé. Or on dit souvent « qui se ressemble s’assemble »… Il est vrai que nous avons plus de points communs avec des structures dont le but premier est le service des autres que le profit… Cest pourquoi le produit partage que nous avons souhaité mettre en place nous a semblé une façon idéale d’agir ensemble avec EdM.

Pouvez-vous nous dire 2 mots de Rejoyce ?

C’est à la fois une agence événementielle et une agence artistique et musicale. Pour situer un peu les choses. J’ai créé REJOYCE en 1997 avec un ami, Éric Long. Mais nous développons nos projets avec une certaine approche… Ainsi notre production est-elle tournée vers des artistes et des projets porteurs de sens. Et, si Rejoyce est une société commerciale, cela ne nous empêche pas de tenir un certain cap dans notre développement. Nous considérons notre mission de producteur au sens culturel et avec une hiérarchie dans les priorités. Contrairement à beaucoup dans ce milieu, nous ne fabriquons pas des produits mais nous créons des projets culturels et / ou spirituels. Cette nuance est d’importance… et nous conduit tout naturellement à chercher et à trouver des partenariats avec des structures qui elles aussi sont tournées vers les autres.

Alors quelle est la particularité de votre offre avec EdM ?

Nous avons développé notre activité sur les secteurs virtuels et avons lancé récemment une plate-forme de téléchargement et d’achat de musique chrétienne en ligne : www.joymusic.fr et c’est précisément autour de cette innovation que nous avons voulu proposer une nouvelle offre avec EdM, une carte cadeau un peu particulière. Il s’agit d’une carte double cadeau puisqu’elle permet d’offrir premièrement de la musique à un proche, et deuxièmement de faire un don à EdM. Ainsi on respecte d’une part le travail de l’artiste en ne soldant pas son œuvre et d’autre part, on invite à plus de générosité au moment de Noël pour les jeunes du foyer de Sisophon, au Cambodge.

jeudi 17 décembre 2009

EdM lance le Calendrier Ecoliers solidaires

Ecoliers solidaire lance cette année l’opération Calendriers:



Des écoliers français et asiatiques ont réalisé en commun un calendrier 2010. Les enfants de nos programmes en Asie et les écoliers français ont réalisé un dessin sur le thème "Dessine ta vie". Sur chaque calendrier figurera une page blanche où les enfants pourront coller leur dessin. L'objectif de cette opération étant bien sûr de sensibiliser les écoliers français aux difficultés des écoliers asiatiques en les impliquant dans la réalisation du projet et dans la vente des calendriers. Les bénéfices de la vente permettront de financer une école au Laos, dans le village de Huay Peck.

Pour voir les dessins (classés par écoles), cliquer ici

mercredi 16 décembre 2009

Sandokan, le tigre de Malaisie

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« La nuit du 20 décembre 1849 (…), dans une cabane sur un haut rocher taillé à pic sur la mer… quelqu’un veille. C’est le tigre de Malaisie, SANDOKAN ! » Pratt a toujours aimé jouer à cela : esquisser une case, deux cases, parfois trois, y ajouter ce qu’il faut de petite phrases sibyllines, et… clac ! ferrer ses lecteurs. Cela s’appelle l’art de l’incipit. Et en BD, dans ce domaine, Pratt est définitivement le maître.

Naturellement, l’histoire de cet album sorti tout récemment en librairie vaut autant par son romantisme et son « antihéroïsme » que celle de Sandokan le tigre de Malaisie. Héros d’Emilio Salgari – « le Jules Verne italien » – Sandokan est presque un inconnu de ce côté-ci des Alpes.

Prince pirate, ennemi juré de l’affreux lord Guillonk, amoureux transi de la jolie (et blonde) Marianne, ce géant chevelu aux yeux d’un vert brûlant ringardisé par le petit écran dans les années 70, vient rejoindre la longue liste des héros « prattiens », malins, cyniques, insolents, flegmatiques, droits et cependant capables de roueries, courageux et cependant capables de lâchetés…

Mais pour en revenir à l’histoire de cet album inédit, Alfredo Castelli aurait aimé, dit-il dans sa préface, « inventer un récit émouvant sur la façon dont (il a) réussi à récupérer (cette) histoire. Comment, par exemple, un vieux marin aveugle (la lui a) remise lors d’une nuit de tempête alors qu’un éclair déchirait le ciel. Comment… » Pas du tout : ces 48 planches, il les a retrouvées dans un carton, dans son garage, rien de plus.

En réalité, le Sandokan de Pratt correspondait au départ à une commande du journal italien Il corriere dei piccoli – journal pour lequel travaillait Alfredo Castelli – mais Pratt venait, très peu de temps auparavant, de créer son Corto Maltese. Sandokan est donc passé « à la trappe », c’est-à-dire dans le carton d’Alfredo Castelli. Résultat, l’album que nous découvrons aujourd’hui n’est pas complet, mais c’est un tel plaisir de retrouver le trait fin, la maîtrise absolue des contrastes de Pratt et son exceptionnelle aptitude à concevoir des personnages incarnés et au charisme si magnétisant que ce détail s’oublie bien vite.

J.-M.G.
Sandokan, le tigre de Malaisie Hugo Pratt, Mino Milani Éd. Casterman, 80 p., 18 €

mercredi 09 décembre 2009

Anniversaire et coups de théâtre

Bhumibol_Aduliadej_roie_de_Thailande___credit_photo__jordipostalesFlickr.jpgLe roi va bien, merci. Comme tous les 5 décembre, Bhumibol Adulyadej a pu fêter son anniversaire comme il se doit malgré sont état de santé encore fragile. Il est sorti de l’hôpital, il a pu s’adresser brièvement à la population… et c’est un petit peu l’information de la semaine dernière. Mais Olivier Languepin, du site Thaïlande-fr.com, profite néanmoins de toutes les « inquiétudes » relatives à son état de santé – et surtout à sa succession – pour revenir sans irrévérence mais sans obséquiosité sur le règne du plus vieux et du plus secret monarque de la planète. On pourra lire entre les lignes de cette analyse assez pertinente certaines vérités que beaucoup, en Thaïlande, préfèrent ne pas commenter.

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lundi 23 novembre 2009

Selection des étudiants du foyer d'étudiants EdM de Phnom Penh

Pour devenir étudiant d'Enfant du Mékong à Phnom Penh (logement, nourriture, frais de scolarité et activités diverses pris en charge par un parrain et l'association), les jeunes doivent d'abord passer toute une série d'obstacles !
Par Anne-Madeleine Rémusat, volontaire Bambou en charge de l'animation du foyer des jeunes étudiants de Phnom Penh

- avoir son bac avec de bonnes notes

- être sélectionné dans une bonne université reconnue de Phnom Penh

- passer l'examen d'Enfants du Mékong (celui là, on ne peut pas tricher, ni acheter les sujets à l'avance, ni acheter le correcteur...Il est beaucoup plus dur!)

-passer un entretien de motivation

- et enfin avoir la visite d'un travailleur social qui déterminera le niveau de pauvreté !

On a refusé, par exemple, un étudiant dont les parents avaient 3 motos, 2 portables et...une voiture !!! Ce qui est réservé aux riches, bien sûr !

Les demandes sont nombreuses, mais les foyers non extensibles !

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jeudi 19 novembre 2009

Au nom des enfants

Par Yves Meaudre, directeur général d'Enfants du Mékong

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S’il y a des personnes que la journée des droits de l’enfant devrait célébrer ce seraient nos amis qui vont chercher des enfants en enfer. Pour quiconque les a suivis dans leur mission le mot n’est pas faible. Citons les pères Thomas et Matthieu dans les cimetières de Manille, Sœur Sophie et Sœur Edith dans la prison du Myrc, Dominique Lemay dans le centre concentrationnaire du R.A.C, Joe Dean dans les rues de Manille, Martin, notre Martin de Sisophon, Kru Nam dans ce terrible triangle d’or où le marché aux enfants pour alimenter les plages de Phuket et les quartiers de Patpong à Bangkok se fait à ciel ouvert. Ces héros inconnus donnent leur vie définitivement, absolument, sans concession de congé, de salaire, de retraite.

On ne les voit presque jamais dans les commissions, les congrès, les assemblées dédiés aux drames de l’enfance : ils n’ont pas de temps. Chaque minute passée est pour eux consacrée à tel ou tel enfant. Ce sont les héros anonymes et magnifiques d’un siècle de forts pour les forts par les forts, un siècle de fer où l’enfant et le faible n’ont plus leur place.

A l’heure où les « élites ( ?!)» trouvent des alibis littéraires au métier le plus répugnant, où la dignité et la vie de l’enfant ne sont respectables qu’en fonction des désirs de l’adulte, ces amis d’Enfants du Mékong arrachent un à un à la nuit obscure nos enfants innocents. Il faut les avoir vus, fermes et calmes, faire face aux flics pervers armés de bâtons chassant les gosses à vendre au milieu des tombes où ces derniers se réfugient, il faut avoir vu les touristes vicieux de Bangkok partir au bras d’un enfant pour comprendre que ces saints sont aussi des héros au sens antique.

Puisse la journée des droits de l’enfant être l’Agora où l’on célèbre ceux qui maintiennent la dignité de l’Homme par leur seule présence et évitent que Sodome ne soit détruite. Ils sont l’oxygène d’un monde qui tend à devenir irrespirable. Au nom de tous les enfants souffrants et en notre nom : Merci à ceux-ci.

mercredi 11 novembre 2009

L'oeil de Bangkok

Bangkok quand les volontaires Bambous d'EdM y débarquent, la majorité d'entre eux est surpris, voire désarçonné.Mais passés les premiers moments de surprise, place à l'émerveillement ! Visite guidée !

par Thibault Masse, volontaire Bambou en charge des projets de développement pour Enfants du Mékong.




Bangkok, Bangkok, c’est en Asie ça !! Oui, et c’est même l’une des villes les plus importantes du coin. Depuis le 18e siècle, Bangkok (dites Krung Thep si vous parlez à un Thaï) a remplacé la cité d’Ayutaya comme capitale du royaume du Siam. La ville est tentaculaire et surbondée (près de 9 millions d’habitants, soit 10% de la population). On comprend cette impression de je te marche dessus, tu me marches dessus, il me marche dessus, ... Pas évident de s’y faire, surtout quand tu quittes Paris cause saturation de la grosse ville !! Alors pourquoi Bangkok me dira-t-on ? Et bien les bureaux d'Enfants du Mékong en Asie sont ici même, à Bangkok, et mes nombreux déplacements en Thaîlande et en Birmanie ne pourront se faire que depuis cette ville qui tient une place plus que centrale dans la vie du pays : tout se fait depuis Bangkok...
Fort heureusement, seule l’immensité de la ville et son aspect surpeuplé sont gênants : les thaïs sont des gens en général très sympathiques, calmes, honnêtes et toujours prêts à offrir un sourire ou à donner un coup de main. Encore mieux, ils apprécient et aident l’étranger qui essaie de bredouiller quelques mots en siamois (Parisien, m’entends tu ? :) Qu’on ne s’y trompe pas, ici c’est l’apparence qui compte et mieux vaut éviter de se fritter avec un Thaï !! Ces gens sont maîtres de leurs émotions, cela ne veut pas dire qu’ils sont faibles ou qu’ils acceptent n’importe quoi : attention donc à ne pas faire perdre la face, surtout qu’ici derrière chaque petit bonhomme se cache peut être un champion de Muay Thay (boxe thaïe)...
Bangkok, c’est aussi les marchés grouillants, les bus délabrés, les Wat (temples) et les bouddhas, la famille royale, le Muay Thay, les massages, la bière Chiang, les blattes, la grippe...
En résumé : sympa pour un temps mais j’ai hâte de bouger !



lundi 09 novembre 2009

D'une seule voix, le nouveau film de Xavier de Lauzanne

Après Vivre comme un enfant et L’Espérance parrainée, ses films pour Enfants du Mékong, Xavier de Lauzanne présente mercredi 11 novembre au cinéma D’une seule voix : un magnifique documentaire qui traite avec justesse et sensibilité des rapports entre Israéliens et Palestiniens à travers une troupe de musiciens partis en tournée dans toute la France.


Propos recueillis par Geoffroy Caillet Xavier_de_Lauzanne.jpg
(interview parue dans EdM Magazine n°159)

Comment est née l’idée de D’une seule voix ? Fin novembre 2004, j’avais été envoyé par la chaîne KTO en reportage à Jérusalem pour un concert organisé par un producteur français, Jean-Yves Labat de Rossi, réunissant des musiciens israéliens et palestiniens dont certains étaient sortis miraculeusement de Gaza pour l’occasion. Un projet impensable qui avait pourtant réussi. L’année suivante, l’idée d’une tournée musicale en France avec ces mêmes artistes était née. J’ai donc demandé à Jean-Yves de pouvoir le suivre, caméra à l’épaule, pour observer ce qui allait se passer dans les coulisses. La première idée était d’aller à la rencontre de ces personnes autrement que par le prisme déformant de l’actualité. La deuxième était de voir dans quelle mesure un projet artistique pouvait avoir un impact sur leur vie, particulièrement cernée par le drame et la propagande. Enfin, je me sentais attiré par la dimension universelle du rapprochement israélo-palestinien. Je suis convaincu après cette expérience que la musique, et plus généralement l’art, quand il est partagé, permet de renouer avec sa propre humanité, de saisir ce qui nous relie. Le film nous prouve que la rencontre est possible, même en contrechamp des atrocités de la guerre. Ce n’est pas de la naïveté, car je ne parle pas de paix mais d’une rencontre, qui en est seulement l’une des premières étapes.

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