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Le parrainage scolaire : Etienne, Marie et Anh

"Nous sommes heureux de réaliser un geste efficace"


Nous parrainons depuis deux ans la petite Anh. Frimousse sympa, yeux noirs, cheveux de jais. Elle à huit ans comme notre aînée.
Au début, nous avons agi sur un coup de cœur. "Parrainez un enfant et partagez son espoir dans ses lettres ". C’était le slogan. Il nous a accroché par sa simplicité.
Offrir l’école à un enfant du bout du monde, nous n’y avions pas songé. Mais c’est tellement simple, tellement évident, ça crève les yeux.
Un coup de téléphone. Envoi de documentation. Chèque de parrainage. Hop ! Nous voilà parrain et marraine. Nous recevons le dossier de Anh. Elle est vietnamienne, issue d’une famille pauvre de la banlieue de Saïgon. Les villes ont leurs pauvres ici comme ailleurs.

Nous sommes heureux de réaliser un geste efficace.
Première lettre d’Anne. Nous avons les larmes aux yeux. Sa lettre (traduite du vietnamien) est délicieuse. Nous ne rêvions pas de l’Asie, mais nous plongeons dedans : « Mes révérés parrain et marraine ». Et sa photo devant son école nous foudroie. Un sourire modeste, mais confiant. Son père est mort d’un cancer foudroyant. Sa mère répare les vélos dans la rue et peine à élever ses cinq enfants. A huit ans, plus de père.

Camille, notre fille tombe sur la photographie. Nous sommes gênés, nous ne lui avons pas du tout expliqué de notre démarche.
Alors s’ensuit avec Camille une longue série de questions-réponses, et c’est elle qui veut écrire. Trois mois plus tard, nous recevons de nouvelles photographies. Camille a envoyé la sienne. Une petite fille blonde et blanche. Une petite fille hâlée et aux yeux si joliment bridés. Nous sourions de cet échange de lettres, de cet échange de cœur qui change notre vie.
Alors voilà, nous comprenons que notre parrainage c’est bien plus que quelques euros versés chaque mois. C’est une aventure du cœur. Anh est une « sœur » pour Camille. Nous parlons d’elle. En vacances, il faut toujours trouver la carte postale qui va le mieux raconter la région de France où nous nous trouvons. Et Camille écrit comme jamais elle n’a écrit de sa vie.

Voilà trois ans que l’aventure dure. Anh est présente dans chaque pièce de la maison. Elle s’est classée huitième de sa classe cette année, sur quarante-deux élèves. Nous avons tenu à lui offrir un petit cadeaux : le vélo de ses rêves.
Camille attend la photo !

Etienne et Marie M.

Parrainage collectif : Louis-Pascal soutient une classe

"Je ne me suis pas engagé au-delà de mes capacités"

Il y a 4 ans j’ai crée une entreprise de transport.
Mon parrainage ? Il faut en parler. En quelques mots. Je ne suis pas un littéraire. J’ai préféré un parrainage collectif parce que je n’ai pas le temps d’écrire à mon filleul. Je lui manquerai de respect, de fidélité s’il attendait mes lettres.

Je soutiens une classe, au Laos. J’ai confiance. Je sais qu’un enfant en profite. J’ai lu, il n’y a pas longtemps, que 140 millions d’enfants seraient privés de rentrée scolaire cette année encore. Moi, j’ai eu la chance de bénéficier d’études solides. Alors peut-être que grâce à mon parrainage, à son tour, un enfant va s’épanouir, se former et construire son pays grâce à des études.
Voilà, je suis heureux. J’ai réalisé un acte d’une grande simplicité. Je ne me suis pas engagé au-delà de mes capacités. Parfois, je reçois un rapport d’Enfants du Mékong sur cette classe du Laos. C’est une bouffée d’air pur au milieu de mes camions et de mes chauffeurs. Mais, je tais mon secret !

Louis-Pascal B.

Le parrain en visite sur le terrain

Le parrainage, quelle aventure !

Avec Brigitte nous sommes arrivés à bon port après un long voyage en avion. Nous attendions tellement ce voyage en Asie dont l’objectif majeur est de rencontrer notre filleul.
Nous appelons le responsable de l’école qui a en charge les parrainages, dont celui de Thien, notre filleul. Encore quelques heures de bus et nous toucherons au but. Bien sûr nous avons inclus dans notre voyage des visites de musées, de pagodes, de… Mais nous sommes curieux de voir ce filleul dont nous possédons déjà quelques photographies.

Enfin, nous arrivons à Nam Dinh (Vietnam). Là, deux motos nous attendent à notre plus grande surprise. Nous les enfourchons et nous nous agrippons aux jeunes hommes qui rient de nous voir nous cramponner à eux le long des diguettes. L’un d’entre eux, qui parle un peu français, nous explique qu’une voiture devait venir nous chercher mais qu'elle est tombée en panne.
Le parrainage, quelle aventure ! Heureusement que nous avions des sacs à dos comme bagages et pas une valise !

Après une demi-heure de moto, au détour d’un bouquet de bambous apparaît le village de Nam Su. Nous rayonnons de joie.
Les motos nous déposent devant une école en liesse. Les écoliers ont confectionné une banderole en papier avec ce simple mot : «
Bienvenue ».
Alors, le responsable vient nous serrer la main. Nous n’avons pas posé nos sacs à terre qu’ils nous sont enlevés et que nous nous nous retrouvons assis sur la terrasse un verre de thé en main.

« Votre filleul arrive », nous rassure le responsable.
Nos cœurs battent la chamade. Alors, fendant le flot d’élèves souriants qui nous entourent nous voyons
Thien. Il est plus grand que je ne l’imaginais sur la photographie, il a déjà quatorze ans. Nous ne retenons pas nos larmes en le rencontrant. Il s’incline respectueusement devant nous avec un sourire emprunt de gravité. Le responsable nous explique que dans la tradition confucéenne, les enfants s’adressent rarement aux adultes. Mais là, Thien est encouragé à s’exprimer. Il nous raconte son année scolaire sobrement. Nous écoutons sa langue.

Nous avons apporté pour lui de menus cadeaux. Il nous offre à son tour des fruits qu’il a cueilli dans le verger familial.
Après ces trop courts moments de rencontre, nous nous jurons de repasser avant la fin de notre voyage. Nous sommes trop bouleversés pour exprimer nos émotions… Thien aussi est ému et contient ses larmes, une fierté de jeune homme, cela va de soi.

Notre deuxième rencontre sera un véritable temps d’échange sur les désirs de Thien qui veut devenir mécanicien, sur sa famille en situation difficile. Nous rentrons dans sa vie, plus intimement encore que par les lettres. Et le dévouement du responsable de programme est inouï. Souvent, il glisse quelques appréciations sur la situation du Vietnam et nous aide à comprendre le contexte.

De retour en France, nous reprenons un parrainage. Nous savons une chose : entre ce qui était écrit dans les tracts reçus, dans la revue Enfants du Mékong et la réalité, il n’y a pas de différence.

Les enfants pauvres le sont vraiment. Le parrainage est efficace et nos larmes – si elles ont séché maintenant – ne nous empêchent pas de vouloir aider davantage ces enfants d’Asie.

 

 

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